CHAPITRE DEUXIÈME
a Nous jetons les yeux sur cette assemblée qu'un prétendu vote universel vient de nous donner
« Est -il seulement trois justes parmi vous? »...
(6 mai.) <c Si la Constitution trompait la République, le peuple souverain remonterait sur son trône de pavés. »
La Commune de Paris : (5 mai.) « Le peuple est le souverain. Le gouvernement est son ouvrage et sa propriété. Les fonctionnaires publics sont ses commis.
« Le peuple peut, quand il lui plaît, changer son gouvernement et revendiquer ses mandataires. (Art. 14, déclaration des droits de l'homme.)
ce Et alors le jugement sera le jugement de Dieu.
* Droit d'élection, droit de révocation: l'un est le principe, l'autre la conséquence. »
(8 mai.) a... Commis du peuple! vous vous êtes révoltés contre lui, vous avez enfreint sa souveraineté ; vous avez compromis sa conquête par vos tiraillements et vos demi-mesures. Ce qui s'arrête recule, vous avez été arrêtés... »
(11 mai.) a... C'en est fait, l'heure de la justice va
bientôt sonner peut-être Représentants du peuple!
Nous vous le disons : vous avez commis un crime de lèse-humanité en retardant indéfiniment, par votre enquête, la solution du problème qui peut seul donner du pain à un peuple qui viendra, peut-être demain, apporter à votre barre cette pétition éloquente des travailleurs de Lyon : a Vivre en travaillant, ou mourir en combattant. »
(14 mai.) «Allons donc, commis de l'aristocratie!
Agitez-vous ! nous assistons à la dernière crise de votre agonie. »
On le voit : les attaques des partisans de la monarchie et celles des ultra-révolutionnaires se font écho. Mêmes accusations : désordre, inaptitude, temps perdu, impuissance, salaire journalier de 25 francs. Tout ce qui peut détruire l'influence morale de la représentation nationale est mis en jeu et leur devient instrument pour saper l'édifice. Chacun d'eux tend au même but: anéantir le pouvoir régulier afin de saisir la dictature.
Les forces ultra-révolutionnaires socialistes étaient d'autant plus redoutables que, sous leurs drapeaux, auprès d'hommes convaincus et de foi ardente, s'abritaient des ambitieux de tous les partis ; auprès de démocrates dévoués, des agents cupides poursuivant un renom dans l'exagération et l'excentricité ; auprès d'amis du peuple, avides chercheurs de la solution des souffrances sociales, des égoïstes qui couvraient d'une doctrine nouvelle leurs passions personnelles ; auprès d'ouvriers séduits dans leurs misères par le mirage de systèmes imaginaires, des agitateurs soudoyés, instigateurs de discorde et d'anarchie. Et toutes ces forces dissolvantes, honnêtes ou perverses, 3e rapprochaient chaque jour et se concentraient.
Le Comité centralisateur, successeur du Club des clubs comme réunion des délégués de toutes les so-