‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 4 sur 164 · CHAPITRE PREMIER. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. S

bureau du président et, au-dessous, la tribune. Sur les deux faces latérales et sur la partie cintrée, s'étageaient dix rangs de banquettes, coupés de bas en haut et de distance en distance par des escaliers qui se prolongeaient jusqu'à une galerie supérieure contournant la salle. Aux pieds de ces gradins et de la tribune, était réservé un espace libre.

A trois mètres environ au-dessus du dernier gradin s'ouvraient les tribunes, divisées en deux étages dont le second atteignait les jours qui éclairaient la salle. Les tribunes placées à la gaucbe du président étaient destinées aux sténographes, celles de droite aux rédacteurs en chef des journaux; les autres, publiques ou réservées, étaient séparément desservies par quatre larges escaliers.

La décoration de la salle était d'une extrême simplicité.

La vérification des pouvoirs ne donna lieu à aucun incident remarquable. Un fait bizarre fut seul signalé. Deux candidats du même nom, Schmit, s'étaient présentés à Paris : l'un, ouvrier cordonnier; l'autre, fils d'ouvrier, disait-il, mais ancien fonctionnaire public. Les votes, réunis au profit d'un seul, avaient fait proclamer ce dernier, à l'Hôiel-de-Ville ; sur les réclamations de 4,000 électeurs qui déclaraient avoir voulu élire le premier, et, sur l'examen et la preuve do cette double candidature, l'élection fut annulée.

Cette rapide vérification des pouvoirs permit de constituer, dès le lendemain même, le bureau.

Le scrutin donna à M. Bûchez 382 voix, à M. Trélat 234, à M. Recurt 91.

M. Bûchez fut proclamé président.

Nommés à la pluralité des voix , les vice-présidents furent MM. Recurt, Gavaignac, Gorbon, Guinard, Cormenin, Sénard; les secrétaires, MM. Peupin, Robert ( des Ardennes ) , Degeorges , Félix Pyat , Lacrosse, Emile Péan ; les questeurs, MM. Degousée, Bureaux de Pusy, le général Négrier.

Le président d'âge , M. Audry de Puiraveau , ayant procédé à l'installation du Bureau définitif par quelques paroles de cœur chaleureusement accueillies , M. Bûchez remercie de l'honneur qui lui est

fait, et qu'il accepte comme un devoir : « Jamais,

dit-il, il n'y eut plus grande autorité que dans cette Assemblée. Elus par des millions de suffrages , citoyens, vous représentez l'unité de la France. Vous avez manifesté avec unanimité sa volonté pleine et entière. Hier, vous avez dix-sept fois salué par vos acclamations la République démocratique. (Bravo! bravo!) Je le constate ici, je le constate parce que c'est un engagement que nous avons pris avec l'avenir. (Oui! oui! très-bien!) » Et il termine ainsi : « Attendu l'installation du Bureau , l'Assemblée nationale est définitivement constituée. Vive la République! »

L'Assemblée tout entière se lève, et répète ce cri à plusieurs reprises.

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