CHAPITRE TROIS I KM E
Le ministère d'avocats et de mandataires y est formellement prohibé. »
Ce qui est à remarquer dans cette œuvre, c'est la constante division des citoyens en classes et en catégories, principe anti-révolutionnaire, toutes les grandes révolutions ayant pour but de les effacer 1 . C'est, comme pensée du moment, l'espoir de pousser le Gouvernement et l'Assemblée à réprimer, par les armes, la manifestation.
Le 14, M. Dandnreau, vice-président du Comité centralisateur, d'accord avec Lion, un des adhérents de M. Sobrier, écrivait au commandant de l'artillerie de l'Hôtel-de-Ville, sur lequel ils croyaient pouvoir compter : « Citoyen Girard, le Comité centralisateur connaît votre patriotisme. Il pense que vous vous tiendrez prêt à tout événement. Si, lundi, nous répondions aux attaques des réacteurs, tous les patriotes feraient leur devoir. »
Cependant tous les amis de M. Sobrier n'étaient pas d'accord entre eux ; et M. Sobrier lui-même, voyant le moment approcher, sentait des angoisses en son âme et flottait indécis: la manifestation entraînerait probablement un combat acharné ; ne devait-il pas en redouter l'issue? Il passa la journée du dimanche à
« Il faut allonger le* veste» el non pas couper le» basque» des habits, disait uo républicain radical, Garnier-Pagè» aine, à ceux qui voulaient reconstituer le» corporation».
visiter les chefs de clubs, à recueillir des informations, à s'efforcer de donner de l'ensemble à la démonstration. D'un côté, on lui affirmait que certains meneurs persistaient à s'armer ; d'autre part, il apprenait que des démocrates influents, Barbés surtout, réprouvaient cette résolution comme désastreuse et funeste.
Dans la matinée du 14, inquiet, anxieux, il se rendit à la Préfecture de police. Caussidière ne lui dissimula pas sa crainte que Blanqui ne voulût exploiter la circonstance et ne s'emparât du mouvement. Etait-il prudent de courir cette chance périlleuse? Ne valait-il pas mieux attendre une plus propice occasion? Jusque-là il continuerait à faire surveiller Blanqui, qui, tôt ou tard, serait mis dans l'impossibilité de nuire.
M. Sobrier, rentré chez lui, fatigué, épuisé, céda aux exhortations d'un ami, M. Léonard Gallois, et adressa à tous les journaux une nouvelle convocation qui fut publiée le lendemain et qui se terminait ainsi : a... La marche sera comme toujours grave et solennelle, car il s'agit d'une nation amie qu'on opprime.
« Point de tambour ! point de musique ! point d'armes ! point d'autres cris que ceux de : Vive la République ! vive la Pologne ! » •
Blanqui, épié, surveillé par Caussidière, l'épiait et le surveillait à son tour. Il ne cessait de lutter avec lui d'influence sur les Montagnards de la Préfecture ; évitait les pièges; unissait la prudence à l'audace, la