‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 60 sur 164 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

que nul attroupement n'arrive seulement à la vue du palais de l'Assemblée. »

M. Caussidière répliqua:

« Paris, 14 mai 1848.

a... Je suis et surveille tous les projets. Je prends mes mesures en conséquence. Je connaîtrai d'une manière encore plus précise, demain de fort bonne heure, les desseins des agitateurs. C'est pourquoi je comprends la responsabilité des mesures que j'arrête, que (sic) je désire avoir des agents sur lesquels je puisse compter d'une manière absolue. » Il terminait en confirmant la nomination de M. Dousseaux à qui il adjoignait M. Bertoglio, et en prévenant le président qu'il se permettait d'écrire à M. Yon de ne pas quitter le service spécial qu'il lui avait confié.

M. Bureaux de Pusy, l'un des questeurs, signifia au préfet que le président n'entendait pas revenir sur sa détermination. M. Caussidière maintint ses désignations. En conséquence , le lendemain matin , trois commissaires de police allaient se trouver chargés de veiller à la sûreté de l'Assemblée.

Cette persistance du préfet parut étrange ; elle fit naître des soupçons, accrut la méfiance. Pourquoi, si ses intentions étaient franches, disputer au président et à la questure l'homme de leur choix , et leur imposer deux homme! tenant de lui seul leurs pouvoirs? Il assumait ainsi une grave responsabilité et rendait indispensable le succès de ses mesures de police.

Les documents transmis par le ministre de l'intérieur à la Commission exécutive, sur les dernières résolutions des clubs , faisaient mieux augurer de leurs dispositions. Un rapport, signé Garlier et daté du 14, donne ces curieux renseignements -:

« Cette manifestation sera pacifique et calme.

Les clubs en masse comprennent que ce n'est qu'en se conduisant avec une extrême prudence, qu'ils reconquerront leur position. Si donc il y avait des conflits, des incidents regrettables, c'est que la garde nationale l'aurait voulu. Puisse-t-elle ne donner lieu, par un excès de zèle malencontreux , à aucune collision!...

« Une collision , engagée en ce moment , serait funeste aux affaires de la République. Le pouvoir en serait amoindri , et la garde nationale , maîtresse absolue, pousserait à la réaction...

« Les plus grands réactionnaires sont les exaltés. »

La Commission exécutive sondait les profondeurs du mal. Dispositions des partis, menées, hésitations, rivalités des chefs, excitations, entraînements des ouvriers, irritations de la bourgeoisie, intrigues de certains politiques du passé, trames d'agents étrangers, complots de sicaires prêts à se vendre, elle connais-

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