‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 62 sur 164 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

militaire, MM. Gourtais, Tempoure et Foucher, afin de conférer sur les mesures exigées par les circonstances.

En attendant les personnes appelées, elle commanda un service près d'elle de 200 gardes nationaux et de 200 gardes mobiles, et, pour transmettre ses ordres, six officiers d'ordonnance, pris dans la garde nationale, la garde mobile et l'armée, six estafettes, dix dragons.

A l'arrivée de MM. Recurt, Carteret, Courtais, Tempoure et Foucher, la délibération commença.

On examina tout d'abord les plaintes, ravivées par les incidents de la veille, sur les rappels fréquents, inattendus : ordonnés souvent sans nécessité, par excès de zèle et sur la seule initiative des maires et des co-

lonels d'arrondissement, ils semaient l'inquiétude et fatiguaient le dévouement. On décida que le droit de faire battre le rappel serait réservé à la Commission executive, au ministre de l'intérieur et au maire de Paris.

Le ministre de l'intérieur fit ensuite son rapport : Il confirme les renseignements du chef de la direction politique, M. Garlier. La démonstration du 13, annoncée comme menaçante, s'est paisiblement arrêtée à une grande distance de l'Assemblée ; on peut donc espérer qu'il en sera de même le 15. Cependant, on doit prévoir les excitations de quelques hommes. M. Carteret ajoute qu'on est d'accord avec M. Caussidière pour arrêter, au premier mouvement, Blanqui et Sobrier.

Chaque membre de ce conseil émet à son tour ses

vues, son avis. Sachant que le rassemblement, parti de la Bastille, suivra les boulevards et débouchera par la rue Royale sur la place de la Concorde, on reconnaît qu'il faut surveiller la ligne des boulevards, occuper la place et barrer le pont de la Concorde ; de plus, garder le passage des autres ponts, et garnir de troupes les quais aboutissant au palais de l'Assemblée, ainsi que la place de Bourgogne. Il convient enfin, pour parer à toutes les éventualités, de veiller autour de l'Hôtel-de-Ville et du Luxembourg.

En conséquence, les instructions suivantes sont données aux trois généraux présents :

Au commandant de la garde nationale: mettre 1,000 hommes de la l r0 légion à la tête du pont; 1,000 hommes de la 2 e aux Tuileries et sur le quai ; 1,000 hommes de la 3 e sur la place du Carrousel et 1,000 hommes de la 4 e au Louvre; en cas de danger, porter ces 4,000 hommes sur l'Assemblée, et les remplacer par les 5* et 6 e légions. Les 8 e et 9 e auront à garder l'Hôtel-de-Ville ; les 11 e et 12 e le Luxembourg ;

Au commandant de la première division militaire : tenir la garnison prête à marcher et à défendre les postes qui lui seront assignés; renforcer les piquets, de deux bataillons et de deux escadrons ; dans le cas où la manifestation serait menaçante, envoyer Tordre aux garnisons de Saint- Denis, Versailles, Melun, Fontainebleau et Orléans, de marcher sans retard sur Paris ;

Au commandant de la garde mobile : envoyer quatre

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