CHAPITRE TROISIÈME. m
bataillons dans le voisinage de l'Assemblée, consigner toutes ses forces dans les casernes, de manière à les faire marcher au besoin.
L'unité du commandement était indispensable.
M. Courtais la réclama pour lui, faisant observer que la force publique se composait en majeure partie de garde nationale, que la garde nationale se verrait avec déplaisir sous les ordres d'un autre chef que le sien même. Cette réclamation souleva quelques objections, quelques susceptibilités militaires, mais elles se turent facilement; et le général Courtais fut chargé du commandement supérieur.
L'ordre fut donné aux trois généraux d'envoyer de quart d'heure en quart d'heure des ordonnances à la Commission exécutive.
Ces mesures mettaient sur pied et tenaient en réserve une force suffisante, non-seulement pour la prévention, mais même pour la répression.
Il y avait encore à réclamer le concours efficace de la police: la Commission manda, pour deux heures, le ministre de l'intérieur, le maire de Paris et le préfet de police. Le ministre seul vint: il confirma ses assertions de la matinée. Il fut seulement décidé, l'envahissement des bâtiments publics par les réunions donnant lieu à des abus intolérables et incontestés, qu'il ne serait laissé à aucun club aucun des locaux appartenant à des établissements publics.
Ces dispositions des forces matérielles arrêtées, la Commission exécutive avait un dernier devoir à remplir. Mais celui-là lui était doux et facile : elle n'avait
plus qu'à faire appel aux sentiments généreux. Elle rédigea cette proclamation :
« Citoyens,
« La République est fondée sur l'ordre ; elle ne peut vivre que par l'ordre.
« Avec l'ordre seul vous aurez le travail.
a Avec l'ordre seul, la grande question de l'amélioration du sort des travailleurs peut être éclairée et résolue.
« Cette vérité, vous l'avez comprise. La France tout entière a applaudi à votre attitude à la fois si résolue et si calme.
« Du jour où des manifestations extérieures, résultats inévitables du premier jour d'une révolution, ont cessé, la confiance a commencé à renaître et avec elle le commerce et l'industrie.
a Cependant, depuis hier, Paris a revu quelques attroupements qui ont jeté dans les esprits des inquiétudes nouvelles. Paris s'en est étonné, non effrayé.
« Citoyens, la République est vivante, le pouvoir est constitué, le peuple tout entier se meut au sein de l'Assemblée nationale. Le droit et la force sont là ; ils ne sont pas, ils ne peuvent pas être ailleurs.
<t Pourquoi donc des attroupements ?
« Le droit de réunion, le droit de discussion, le droit de pétition sont sacrés : ne les compromettez pas par des agitations extérieures et imprudentes qui ne peuvent rien ajouter à leur force.