‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 64 sur 164 · CHAPITRE TROISIÈME. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. m

« Citoyens, la tranquillité publique est la garantie du travail, la sauvegarde de tous les intérêts ; la Commission du pouvoir exécutif, convaincue que toute excitation à des manifestations illégales ou insensées tue le travail et compromet l'existence du peuple, saura maintenir avec vigueur et partout la tranquillité menacée.

« La Commission, pour l'accomplissement de ce devoir, fait appel à tous les hommes sincèrement républicains ; elle compte sur cet excellent esprit de la population parisienne qui a jusqu'ici protégé et protégera encore la révolution aussi bien contre la réaction que contre l'anarchie. »

De son côté, le bureau de l'Assemblée accomplissait ses devoirs de prudence.

Le président de l'Assemblée, M. Bûchez, auteur de YHistoire parlementaire de la première Révolution, craignait, malgré le décret prohibitif de toute présentation de pétition à la barre, un retour imitatif aux traditions de la Convention. 11 s'appliqua donc à prendre les plus minutieuses précautions contre toute tentative de ce genre et contre le renouvellement d'un 16 avril.

Le 14 mai, il écrivait :

Au maire de Paris :

« Citoyen maire, d'après les renseignements que je

reçois, on se propose demain d'agiter la population, de former des réunions et de les porter sur l'Assemblée nationale. — Je vous invite à recommander aux maires des arrondissements une vigoureuse surveillance sur leur territoire respectif. Votre sollicitude saura prendre toutes les mesures nécessaires, sans qu'il soit besoin de recommandation spéciale. »

Au général Gourtais :

« Général, les projets qui ont avorté hier ont été rerais à demain lundi. D'après les divers renseignements que nous recevons, il paraît certain qu'on prépare une grande agitation dans Paris et, s'il est possible, un mouvement pour se porter sur l'Assemblée. Il faut que cela n'ait pas lieu. Il faut que les agitateurs trouvent partout un pouvoir vigilant.

« Je vous invite à prendre les mesures nécessaires pour que l'Assemblée nationale ne soit nullement troublée dans ses travaux, ni par des clameurs, ni par la foule, ni par des tentatives pour pénétrer dans son sein.

« Prudence, modération et prévoyance : voilà ce que je vous demande.

« Vous vous êtes plaint à moi de ce que j'avais envoyé des ordres directs, je renonce à ce moyen pour cette fois, en tant qu'il ne deviendra pas indispensable, mais aussi je vous rends responsable de ce qui pourrait arriver. »

Au général Tempoure :

« Général, les projets de samedi sont remis à demain lundi. Il faut donc prendre des précautions.

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