‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 66 sur 164 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

donné verbalement ses ordres définitifs, pour les première, deuxième, troisième, quatrième et dixième légions. Les cinquième, sixième, septième, huitième et neuvième attendraient de nouvelles instructions.

Le sous-chef d'état-major, M. Saisset, qui assistait à la réunion et y prenait des notes, crut malheureusement inutile de confirmer par écrit, dans la nuit, ces ordres qui venaient d'être donnés de vive voix.

Vers onze heures et demie, le général Courtais eut la visite du maire de Paris, qui venait lui communiquer certains renseignements recueillis depuis l'envoi de sa lettre. Il croyait toujours que la manifestation serait pacifique ; cependant de nouveaux avis lui donnaient quelque inquiétude. Plusieurs clubistes devaient porter des armes cachées.

Préoccupé de cette confidence, le général chargea M. Samson d'aller s'informer de ce qui se passait dans la maison de Sobrier, de sonder ses dispositions et celles de* ses amis. M. Samson était commissaire de police; mais il connaissait tout le personnel du parti avancé, avec lequel il avait eu des relations, et il relevait de M. Caussidière, chef d'une police dont M. Sobrier prétendait avoir une succursale rue de Rivoli, sous la garde d'un poste des Montagnards de la préfecture. M. Samson fut donc bien accueilli. De retour auprès de M. Courtais, il put lui confirmer les bruits rapportés par M. Marrast.

M. Courtais redoubla de soins et de vigilance ; afin d'augmenter ses moyens d'action, il convoqua pour le lendemain matin, sept heures, les colonels des quatre légions de la banlieue, qui pouvaient lui fournir une force considérable.

Page 1