‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 67 sur 164 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Journée du 15 Mai.

Lettre du général commandant en chef au secrétaire général de la Commission executive.— Ses démarches auprès du Préfet de police. — Ses avis au général commandant la garde mobile. — IJ faitexplorer certains quartiers. — 11 réunit les colonels de la banlieue et leur donne des instructions.— Ses ordrt-s à la garde nationale.-Son départ tardif pour l'Assemblée. — Sécurité du président de rAssemblée.-Ses mesures militaires.-Une lettre du préfet de police éveille ses appréhensions. — Il en envoie copie au général commandant en chef. — La Commission du pouvoir exécutif se déclare en permanence — M. Garnier- Pagès va s'enquérir de l'exécution des ordres. — Lettre rassurante du général Courlais. — Sollicitude de la Commission. — Elle mande les ministres de la guerre, des finances, de l'intérieur, le préfet de police. — M. Longepied vient lui exprimer ses craintes contre Sobrier. — Réponse de M. Ledru- Rollin. — La Commission suit le développement de la manifestation. — Apparence paciAque, affirmée par le préfet de police. — Marche et accroissement de la colonne. — M. Lamartine se rend à l'Assemblée. — Inquiétudes et lettres de M. Garnier-Pagès. — Communications échangées avec le général Courtais. — Marche rapide de la colonne.— La Commission divise son action. — MM. Lamartine, Ledru-Rollin et Marie vont près de l'Assemblée. — MM. Arago, Garnier-Pagès et Pagnerre demeurent au Luxembourg.— Préoccupations et prescriptions de M. Garnier-Pagès. — Ordres de battre le rappel. — Ordre d'arrestation. — La lutte va s'engager. — Récit rétrospectif - Passage du pont. — Le général Courtais trouve le pont de la Concorde dégarni. — Ses inquiétudes. — Ses ordres. — Il va au devant du cortège. — Il est menacé et se retire. — Le général Négrier laisse la circulation libre sur le pont. — Malentendu dans l'interprétation des ordres. — Résumé de la position défensive de l'Assemblée. — Inexécution des ordres. — Trouble et indécision de part et d'autre. — La démonstration n'a pas de pétition à présenter ; elle demande celle de M. Raspail. — Halte. — Marche en avant. — Elle coupe le passage au bataillon de la légion. - Elle arrive sur le pont. -Retraite

m COMMISSION EXECUTIVE.

de la garde nationale. — La foule devant la grille. — Effort» inutiles de MM. Lamartine et Lcdru-Rollin. — Entrée de la Chambre permise à des délégués. — Irruption. — Ordre à la garde mobile de charger les fusils. — Hésitation. — Ordre de remettre la baïonnette au fourreau. — Apaisements. — Nouvelle irruption. — Tentatives par la place de Bourgogne. — Vaine intervention du général Courtais. — Les tribunes sont envahies. — MM. Hingray, Ànlony-Thouret et Delahoche résistent aux délégués. — Résistance personnelle de M. Lamartine à des clubistes. — Désespoir du général Courtais. — Indignation àe'JA. Raspail.

Le récit de la journée du 15 mai offre à ma faiblesse de très-grandes difficultés à vaincre, et je crois nécessaire de confesser ici naïvement mon embarras. Pour captiver son lecteur, l'historien doit unir à la clarté la couleur. Cependant pour mieux rendre le caractère de cette journée, ses nuances bizarres, ses variétés infinies, ses hasards malencontreux, ses contrastes sérieux et burlesques, ses causes multiples et ses conséquences désastreuses, ses enseignements profonds, il sera indispensable de s'attarder à certains détails qui allanguiront le mouvement, mais qui en feront mieux suivre le sens et la portée. Je me vois donc placé entre l'obligation de composer un tableau complet, mais moins attrayant, et le désir de peindre une action plus rapide et plus entraînante. Je m'appliquerai à concilier ces deux exigences, mais, avant tout, je rechercherai la vérité, ce premier mérite de l'historien, dussé-je borner mon rôle à préparer des matériaux pour le temps où ceux qui les recueilleront, détachés des intérêts et des passions de l'époque, pourront s'en

Page 1