CHAPITRE QUATRIÈME
avoir lieu. Son caractère sera entièrement pacifique. Mes amis, excellents patriotes, la considèrent comme essentiellement démocratique. Du reste, ils sont résolus à n'admettre dans leurs rangs que des citoyens non armés ; s'il s'en présentait d'autres, on les arrêterait, et des agents de police, placés sur le chemin de la manifestation, au besoin prêteraient main-forte. De plus, j'ai donné des instructions nécessaires à .deux commissaires de police, de manière à protéger l'Assemblée nationale contre toute tentative d'envahissement. »
Le général transmit immédiatement cet avis au président de l'Assemblée.
Malgré ces renseignements, qui devaient lui donner plus de quiétude, M. Cour tais sentait de plus en plus le poids de sa responsabilité ; et il fit part au commandant de la garde mobile des dispositions prises et du lieu de rassemblement assigné à chaque légion ; il lui dit, en terminant : a Dans le cas d'une prise d'armes plus considérable, les légions seraient réunies et portées sur les quais pour défendre l'Hôtel-de- Ville, les Tuileries, l'Assemblée et le Luxembourg.
ce Tous les ponts doivent être occupés aussitôt que les rues.
« Je ne veux pas m'engager dans les petites rues. Cependant je ferai occuper la position de Saint-Méry, rendez- vous ordinaire des insurgés.
« Veuillez, mon cher général, m'indiquer les lieux où stationneront vos bataillons. »
Le général Tempoure satisfît à cette demande, en lui annonçant que, en cas d'alerte, trois bataillons de la garde mobile se porteraient au Luxembourg, deux bataillons au Palais national, le bataillon de la garde marine dans l'intérieur de la Cour d'honneur, et douze bataillons aux Champs-Elysées, dans l'espace compris entre le Rond-point et la place de la Concorde.
A 6 heures du matin, M. Courtais donna mission à un de ses officiers d'état-major les plus dévoués de parcourir Montmartre, Belleville et les environs de la Bastille, et de lui rendre un compte exact de ce qui s'y passait. — Quelques citoyens paisibles, se préparant à assister, avec leurs femmes, à la démonstration ; une population, en apparence, parfaitement tranquille; aucun symptôme d'agitation : tel fut le rapport de cet officier.
Le commandant général attendait à 7 heures les colonels des quatre légions de la banlieue. Ces légions ne pouvant entrer dans Paris sans une autorisation expresse du ministre de l'intérieur, il pria M. Recurt d'expédier les ordres nécessaires. M. Bayaud, officier d'état-major, revint avec la certitude que ces ordres avaient été transmis.
A l'heure indiquée, les colonels arrivent. La conférence dure une heure et demie. Le général dit qu'il faut