‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 70 sur 164 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

entourer Paris, garder les barrières, prévoir, en cas d'événements graves et de rappel, les positions que chaque légion devra occuper. Il élève cette réserve à plus de six mille hommes, et comme l'ensemble des positions à prendre au dehors et au dedans de la ville est compliqué, il fait écrire et écritlui-même ses instructions.

Le colonel de la IV e légion portera ses bataillons immédiatement aux trois barrières de Bercy, de Charenton et du Trône; il s'opposera à l'entrée dans Paris de toute force ne faisant point partie de la garde nationale.

Le commandant général ajoute : « Je n'ai pas besoin, colonel, de vous recommander la plus grande prudence. La garde nationale doit donner, dans toutes les occasions, l'exemple de la modération et du calme. C'est dans notre grand nombre que nous puiserons la force sans faire usage de nos armes. Je vous prescris formellement de ne faire tirer qu'après avoir essuyé un coup de feu bien constaté. Ce ne sont pas deux ou trois coups de feu qui peuvent vous décider à riposter. »

Il trace au colonel de la III - légion les mêmes instructions et lui indique ses points de concentration.

Il prévoit la nécessité de diriger deux mille hommes sur l'Assemblée ; et il donne des ordres en conséquence à la II* légion.

Il destine la I r * légion à veiller sur la Bourse et la Banque, et à se mettre en communication avec les troupes qui seront sur le Carrousel et sur la place de la Révolution.

Le temps s'avance. Les préoccupations du commandant général augmentent. Il se décide à renforcer de nouveaux bataillons la garde nationale postée autour de l'Assemblée. Il avait d'abord songé à faire barrer tous les ponts, afin de couper les communications de la rive droite avec la rive gauche; mais la colonne doit déborder par les boulevards et la Madeleine : c'est donc à la place de la Concorde qu'il faut appeler la légion.

Il transmet au colonel de la II* légion, M. Clément Thomas, l'ordre de diriger sur les Tuileries, près des marronniers, les mille hommes destinés à la défense du Pont national. Cet ordre, parvenu à 9 heures et demie, au moment où le bataillon se mettait en marche, est exécuté.

Il écrit en même temps au colônel de la IV - légion, M. Ramon de la Groisette, de laisser les ponts et de se transporter sur le quai d'Orsay. Cet ordre ne parvint qu'à il heures.

Il envoie, à 9 heures et demie, M. Martinet, officier d'état-major, à la mairie du X* arrondissement, vérifier si les mille hommes commandés sont réunis et leur prescrire de se rendre devant le palais de l'Assemblée. Du côté du pont les chefs seuls étaient arrivés. Il envoie de nouveau M. Martinet à la X* légion pour presser l'exécution de ses ordres.

Vers dix heures un quart, M. Courtais veut aller à l'Assemblée s'assurer par lui-même de la situation.

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