‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 72 sur 164 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

onze heures un quart, en adressa copie au général Courtais, ajoutant ces recommandations :

a Veuillez vous assurer de l'état des rassemble ments, qui, dit-on, sont considérables sur les boulevards, vers le faubourg du Temple : n'hésitez pas, s'il y a lieu, à faire battre le rappel dans tout Paris; n'oubliez pas que c'est le seul moyen d'éviter toute collision grave. »

Cette lettre parvint à Tétat-major après le départ de M. Courtais; mais il était déjà suffisamment prévenu.

Le président de l'Assemblée, après ces démarches et ces préparatifs, se disposa à ouvrir la séance à midi.

La Commission du pouvoir exécutif, Féunie au Petit Luxembourg dès huit heures du matin, anxieuse de la dignité, de la sûreté des représentants, avide du salut public, se déclara en permanence.

Son premier acte fut de détacher un de ses membres auprès du ministre de l'intérieur, afin d'acquérir la certitude que tous les ordres du conseil avaient été exécutés. M. Garnier-Pagès revint et put affirmer que rien n'avait été négligé. Il y avait eu, dans la transmission des décisions au préfet de police et aux commandants généraux, exactitude et célérité.

Elle écouta avec intérêt la lettre de M. Courtais au

secrétaire général, M. Pagnerre, lettre qui donnait sain

146 COMMISSION EXÊCUTIVE.

tisfaction à son ardent désir de contenir la manifestatation dans des limites légales.

Cette assurance même ne fit qu'accroître sa sollicitude et surexciter son activité.

Elle manda le sous-secrétaire d'état de la guerre, ministre par intérim, et le ministre des finances.

M. Charras remit l'état des troupes rentrées dans Paris : quatre bataillons, quatre escadrons et une batterie seraient, dans la matinée, sur l'esplanade des Invalides ; le deuxième dragons était à cheval dans la caserne du quai d'Orsay; les garnisons les plus voisines étaient prêtes à marcher. Le ministre reçut l'ordre de les diriger sur Paris — ce qui devait augmenter les forces militaires de dix bataillons et de vingt escadrons — et de mettre sur pied toutes les troupes disponibles.

Le ministre des finances soumit des documents relatifs à la solution des Ateliers nationaux par le rachat des chemins de fer.

Elle invita les autorités civiles et les commandants généraux, retenus par les soins de leurs fonctions, à se mettre en rapports continuels avec elle.

Elle convoqua le préfet de police et le ministre de l'intérieur avec le sous-secrétaire d'état.

M. Gaussidière s'excusa en ces termes : ce la luxation qui me retient au lit depuis près de trois jours ne me permet pas de me rendre auprès de vous. Si cependant vous jugiez ma présence indispensable, je me ferais transporter au Petit Luxembourg, pour assister à vos délibérations. »

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