‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 76 sur 164 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

tentative coupable dans les flots de la garde nationale. Il écrit de sa main au colonel de la I r ' légion, la plus rapprochée du palais de la représentation nationale, il fait écrire à tous les colonels de Paris et de la banlieue, ainsi qu'aux états-majors de la garde nationale et do la garde mobile, l'ordre de battre le rappel.

La lettre à la I r * légion était expédiée, les autres commencées, lorsque M. Pagnerre survient. — Une heure un quart. — Il a vu la foule se heurter aux portes de l'Assemblée.

M. Pagnerre court lui-même porter l'ordre du rappel à la X* légion dont l'arrondissement entoure la Chambre. A 1 heure et demie cet ordre s'exécute. M. Pagnerre revient contresigner les dernières lettres, qui partent à 2 heures :

«... Faire arrêter, sur-le-cbamp, les individus les plus notoirement compromis dans les complots organisés pour renverser l'Assemblée nationale et le Gouvernement.

« Salut et fraternité,

« Garnier-Pagès, François Arago. »

Ainsi, simultanément, allaient se développer face à face l'attaque et la défense, la violence et la répression. Qui allait l'emporter? La représentation nationale ou l'insurrection de quelques meneurs, la souveraineté du peuple ou la pression d'une foule égarée, la légalité

ou le désordre, la Republique ou le néant? La Commission executive se mit à l'œuvre sans hésitation, ne perdant pas une minute, multipliant son action, pleine de confiance dans le succès.

Mais comment avaient pu échouer des mesures préventives si minutieusement réglées, des moyens de résistance si considérables?

Suivant les derniers ordres, l'Assemblée devait se trouver couverte par quatre bataillons de la garde mobile, mille gardes nationaux de la première légion, mille de la troisième, mille de la quatrième, mille de la dixième, plus mille de la deuxième sous les marronniers des Tuileries. Ces sept mille hommes entassés sur le pont et la troupe campée sur l'esplanade des Invalides n'offraient-ils pas une force plus que suffisante pour opposer un obstacle invincible à l'envahissement de la fouie?

Sans aucun doute ; et c'était bien là le but et le sens des prescriptions. Mais voici ce qui s'était passé : .

Le général Gourtais, tout impressionné de l'approche si prompte de la manifestation lorsqu'il n'avait pas même encore reconnu l'exécution de ses ordres et la position des bataillons, avait, à onze heures trois quarts, avant d'atteindre la place de la Concorde, rencontré M. Ary Scheffer, commandant la garde descendante de l'Assemblée. Il avait eu avec lui cette conversation :

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