CHAPITRE QUATRIÈME
donner au commandant de la garde mobile, M. Cauchot, celui-ci réplique qu'il a reçu mission du général Tempoure de n'obéir qu'au général Négrier, questeur de la Chambre.
Le général Négrier, par un sentiment inexpliqué, venait, contrairement aux dispositions prises par le président de l'Assemblée, a de donner l'ordre au commandant Cauchot de laisser la circulation libre sur les trottoirs, d'ouvrir au besoin la chaussée aux voitures, d'avancer son premier peloton à la téte du pont, de conserver le second au milieu, et de retirer les six derniers pour les porter sur le quai en face du jardin de la Présidence. »
Le commandant Cauchot, ne pouvant comprendre le but de cette tactique, crut devoir soumettre au général quelques observations sur l'insuffisance de ses moyens pour résister aux masses qui approchaient. Ces observations ne furent pas écoutées ; et le commandant dut obéir à des ordres que le général confirma par écrit.
Le général Courtais, irrité de voir ses ordres si mal exécutés, se trouble. Il ne songe pas à mander la deuxième légion, placée sous sa main, dans les Tuileries, près la terrasse du bord de l'eau. Il expédie un officier, M. Blain, à la troisième légion de la banlieue, pour la faire venir sur-le-champ ; il envoie un capitaine
138 COMMISSION EXÊCUT1VE.
d'état-major à la mairie du I" arrondissement, rue d'Anjou-Saint-Honoré, chercher le bataillon, si vivement désiré, qui, dès neuf heures et demie du matin, aurait dû couvrir le pont.
Ce bataillon s'était bien réuni, à l'heure dite, au nombre de près de mille hommes ; mais il était resté immobile, enfermé dans la cour de la mairie. Par un malentendu fatal, le colonel de Tracy n'avait pas pris pour des ordres absolus les décisions de la veille. N'ayant reçu qu'après la conférence, dans la nuit, communication de la première lettre de l'état-major qui prescrivait simplement de former un piquet et d'attendre, il y avait vu la confirmation de sa pensée. Il avait donc, avant de se rendre comme représentant à l'Assemblée, transmis au commandant Bourcard, l'injonction de ne sortir, pour occuper le pont, que sur des ordres définitifs; et, tandis que le général Courtais, certain d'avoir donné des instructions formelles, attendait impatiemment l'arrivée de la première légion, le commandant Bourcard attendait avec une égale impatience l'ordre de marcher. Les conséquences de ce malentendu devaient être mortelles pour la République.
En résumé, — car je ne saurais trop préciser les événements de cette journée — au lieu des sept mille gardes nationaux commandés pour veiller sur la représentation nationale et couvrir tout l'intervalle entre la place et le palais, que se trouve-t-il, à midi un quart,