CHAPITRE CINQUIÈME. IM
« Le citoyen Dupin : Il faut qu'on donne le commandement à Clément Thomas.
« (Le citoyen Barbes et le citoyen Clément Thomas occupent en même temps la tribune.)
« (Un grand nombre de représentants s'approchent de la tribune et engagent le citoyen Clément Thomas à ne pas abandonner son droit de parole.)
a Le citoyen Lacrosse, s' adressant au citoyen Barbes : Vous n'avez pas la parole! C'est une indignité!
« Le citoyen Àvond, s'adressant également au citoyen Barbès : Vous n'avez pas la parole. Dans l'intérêt de la dignité de l'Assemblée, n'usurpez pas un droit qui ne vous appartient pas.
« Le citoyen Barbès : Citoyens, c'est dans votre intérêt à tous.
« Le citoyen Lacrosse : Nous n'avons pas besoin de votre protection 1 .
a Le citoyen Clément Thomas: L'Assemblée nationale doit protester contre la violation indigne dont elle a été l'objet. (Oui! Oui!)
« (Après la protestation du citoyen Clément Thomas contre l'indigne violation dont l'Assemblée était devenue l'objet, une foule de citoyens apparaissent dans les tribunes hautes du fond, agitant des drapeaux sur lesquels sont inscrites diverses devises. Une agitation trèsvive se manifeste parmi les spectateurs. Les dames poussent des cris d'effroi. Les tribunes sont entièrement envahies. Bientôt les citoyens se laissent glisser le long
• Le* huissiers viennent chercher M. Barbes. — Voir, plus loin, la scène de la fenêtre.
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des galeries et descendent dans la portion de la salle réservée aux représentants. C'est ainsi que l'enceinte se trouve en peu d'instants occupée par le peuple; ce n'est que plus tard 1 que les portes, ouvrant directement dans la salle, ont été enfoncées et ont donné accès à de nouvelles masses populaires.
« (Le président fait des efforts inutiles pour rétablir l'ordre et le silence. Il se couvre un instant, mais se découvre bientôt après.)
a Le citoyen Montrai : Ici ceux qui auraient peur et ceux qui voudraient faire peur seraient également coupables.
or II faudra passer sur nos corps avant d'arriver à cette tribune. Vos violences seraient un appel aux départements et un commencement de guerre civile.
« (A ce moment entrent par les portes de la salle un grand nombre de clubistes. A la tête des nouveauxvenus on remarque MM. Sobrier, Blanqui, Raspail et plusieurs chefs de Clubs '•)
a Le citoyen Louis Blanc : Mes amis, si vous voulez que la pétition que vous avez apportée puisse être discutée dans l'Assemblée nationale et avec le sentiment qui vous anime tous, je vous demande du silence, afin que le droit de pétition soit consacré, mais afin qu'il soit dit aussi que le peuple est calme dans la force, et que sa modération est la plus grande preuve précisément de sa force. (Bravo ! bravo !)
1 Explication du relard causé par la résistance de M. Hingray, à l'entrée de» délégués dans la salle des Pas Perdus.
2 2 heures 5 minutes.