‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 90 sur 164 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

« V euillez donc, mes amis, faire un instant de silence, afin que la pétition soit lue et qu'on ne puisse pas dire que le peuple, en entrant dans cette enceinte, a violé par ses cris sa propre souveraineté. (Bravo ! bravo !)

« Le citoyen Raspail, non représentant, à la tribune : Citoyens, nous venons au nom de deux cent mille citoyens, qui attendent à votre porte... (Vives réclamations sur les bancs de l'Assemblée.)

a Le citoyen d'Adelswœrd : En vertu de quel pouvoir le citoyen Raspail prend-il la parole dans une assemblée où je m'étonne de le voir? Je proteste contre ce qu'il peut avoir à dire.

« Voix nombreuses, au pied de la tribune : A la porte les interrupteurs !

« (Des interpellations nombreuses s'établissent entre le représentant Louis Blanc et plusieurs citoyens qui sont montés à la tribune.

« Un délégué d'une corporation des ouvriers monte debout sur la tribune.

« Le tumulte est extrême.

« Le citoyen Corbon vient se placer auprès du prêsi dent, l'un et l'autre font des efforts pour apaiser le tumulte, mais le bruit ne fait qu'augmenter.

<r E.-V. Raspail commence la lecture d'une pétition.)

« Le citoyen Milhoux : Je m'oppose à la lecture; vous n'avez pas le droit de lire une pétition à la tribune. (Nouveau tumulte.)

« Un membre des Clubs : A la porte ceux qui voudraient empêcher la voix du peuple de se faire entendre!

« (F.-V. Raspail, après être resté longtemps à la tri-

bune avant de pouvoir se faire entendre, finit par lire la proclamation déjà connue.)

« Tout le peuple : Vive la Pologne ! vive l'organisation du travail !

« Plusieurs citoyens: Où donc est le citoyen Blanqui. La parole esta Blanqui, nous voulons Blanqui !

« Le citoyen Montrol : Je n'ai point entendu, je n'ai point voulu entendre les pétitions qui vous ont été lues à cette tribune. Envoyé ici par le peuple, je ne voterai jamais, je ne délibérerai jamais que dans la plénitude de mon droit et de ma liberté.

« Un représentant : L'Assemblée ne peut délibérer quand elle est envahie.

« (Un grand nombre de représentants se lèvent pour appuyer cette motion.)

« Voix dans la foule : Qu'on délibère immédiatement.

« Autres voix, au milieu du bruit : Il y a des ennemis du peuple parmi les représentants : ils ne veulent pas qu'il parle.

« Le citoyen Président : La pétition a été déposée sur le bureau ; l'Assemblée nationale... (Interruptions nombreuses.)

« Voix du peuple : Nous voulons une décision immédiate !

« Le citoyen Président : L'Assemblée nationale a votre pétition; elle s'occupait, lorsque vous êtes entrés, du sort de la Pologne.

« Je vous invite à sortir pour que l'Assemblée nationale puisse immédiatement traiter cette grave question.

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