CHAPITRE CINQUIÈME
« Voix du peuple: Nous ne voulons pas attendre. Un décret ! un décret !
« (En ce moment Blanqui arrive près de la tribune, mais celle-ci est occupée par plusieurs orateurs qui se la disputent.
« On entend les cris : « Laissez parler le citoyen Blanqui ! »)
« Le citoyen Euber, non représentant : Laissez le peuple défiler devant vous, et il se retirera ensuite avec calme et dignité.
« Le citoyen Barbès : Citoyens, que l'Assemblée des représentants du peuple prenne en considération la pétition qu'on vient de lui apporter, qu'elle déclare qu'elle s'associe au vœu du peuple, et que, par conséquent, le peuple de Paris a bien mérité de la patrie.
« Un homme en blouse : Les provinces sont avec nous.
« Le citoyen Barbès : Que l'Assemblée nationale s'associe au vœu que vous venez d'exprimer
« (Les cris de Vive Barbès! partent des tribunes et des groupes qui se trouvent mêlés aux représentants. ï
« Un chef de bataillon de la garde nationale : Ci toyens, il faut que l'Assemblée soit libre.
a Le citoyen Barbès : Citoyens, vous êtes venus exercer votre droit de pétition ; ce droit de pétition, vous avez bien fait de venir l'exercer ; il vous appartient, et désormais il ne peut jamais vous être contesté. (Applaudissements parmi les assistants.)
« Maintenant le devoir de l'Assemblée est de prendre en considération la demande que vous avez faite ; et comme le vœu que vous exprimez est positivement le
vœu de la France, l'Assemblée aura à décréter ce que vous demandez.
« Voix nombreuses : Oui ! oui ! immédiatement.
« Un des assistants : On attend la réponse ; dépêchez-vous !
« Un chef de bataillon de la garde nationale : Il faut pour cela que l'Assemblée soit libre. (Exclamations.)
a Le citoyen Barbés : Citoyens , je disais que
l'Assemblée avait entendu votre pétition
« Citoyens..., écoutez-nous! vous êtes venus exprimer vos vœux à l'Assemblée ; l'Assemblée les a entendus ; il faut qu'elle y fasse droit ; mais, pour qu'elle ne semble pas violentée, il faut, dans ce moment-ci, que vous vous retiriez. (Non ! non ! non !)
« Un citoyen : Au nom de la majesté du peuple, je demande le silence. Le citoyen Blanqui demande la parole; écoutez-le.
« Adolphe Blanqui , non représentant : Citoyens représentants, le peuple demande... que l'Assemblée nationale décrète, sans désemparer, que la France ne mettra Tépée au fourreau que lorsque la Pologne tout entière sera reconstituée dans ses vieilles limites de
« Le peuple connaît les obstacles qui doivent s'opposer aux armes françaises; mais il compte que l'Assemble nationale se souviendra de la gloire de sa devancière; qu'elle ne craigne pas d'affronter la mauvaise humeur de l'Europe; elle sait que, devant sa seule volonté, fermement exprimée et appuyée d'une armée française sur le Rhin, tous les obstacles que la diplo-