CHAPITRE HUITIÈME
de ses colonnes, sur le chemin de Vérone, est arrêtée par la mitraille, chargée par une brigade de cavalerie et repoussée. Une autre colonne, (jiii marchait dans le même but, se heurte, à Sona et à Somma-Campagna, avec le premier corps de l'armée piémontaise, et se voit obligée de se retirer. D'Aspre, ne recevant pas les secours attendus, se détermine, après de très -grandes pertes, à abandonner la position. Un bataillon de chasseurs, descendu du Tyrol, prend position à Pontone et protège la retraite sur Vérone.
Le même jour, l'ennemi avait tenté une sortie de Peschiera, et avait été vivement refoulé.
L'armée piémontaise avait obtenu une victoire glorieuse sur l'armée autrichienne, l'avait rejetée sur Vérone, et s'était rendue maîtresse de toute la rive droite de l'Adige. Après ce succès, sa position était fort belle : elle occupait toutes les crêtes des collines qui s'étendent de Pastrengo à Gustosa; une division bloquait complètement Peschiera; le bataillon du iO^ napolitain était à Goïto; et les Toscans, observant Mantoue, étaient retranchés à Montanara et à Curtatone.
Radetzki étendit son armée le long d'une courbe formée par les villages de Chievo, Croce-Bianca, San-Massimino, San-Lucia et Coraba, dont Vérone présente la concavité. D'Aspre était à Croce-Bianca, et Wratislaw à San-Lucia. Le maréchal conservait la rive gauche de l'Adige, et par conséquent la route directe du Tyrol.
L'historien mihtaire Pisacane, quoique peu favorable au parti albertiste, approuve le roi de n'avoir pas pour-
suivi ses avantages sur d'Aspre, au risque de s'exposer à un retour otTensif, sans probabilité de succès plus importants. L'iiistorien Farini, favorable à Charles-Albert, rapporte l'aftirmation des hommes de guerre, qui prétendent que le roi ne retira pas de sa victoire les avantages qu'il pouvait et qu'il devait en obtenir. Deux heures de jour restaient encore; il avait le temps d'arriver sur l'Adige aussi rapidement que l'ennemi en retraite, de le harceler, de le jeter dans la vallée, de lui couper les communications, et de remporter une victoire complète.
Le roi passa la nuit à San-Giustina. Le jour suivant, il se transporta à Bussolengo, occupé par la division Broglia , poussa jusqu'à Pontone, et eut la joie de voir la rive droite de l'Adige entièrement dégagée de l'ennemi.
La bataille avait duré six heures. Les Italiens s'étaient comportés avec bravoure et discipline, et avaient perdu peu des leurs. Les généraux avaient montré de la résolution, le roi du courage et de la présence d'esprit. Les Autrichiens avaient perdu I 200 hommes tant morts que blessés, et 4 à 500 prisonniers.
Cette bataille, qui prit le nom de Pastrengo, eut en Italie le retentissement qu'elle devait avoir. Ce fut un bonheur unanime. La victoire donnait à Charles-Albert une situation supérieure, affaiblissait l'opposition, décidait ses partisans en Lombardie, à Modène, Parme et Plaisance, à presser son élection comme souverain.
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Sa flolto [)arlai( pour prott'ircr Venise. Les princes italiens, ses rivaux, se voyaient forcés par leurs peuples (le mettre leurs troupes au service de son ambition , désormais liée au succès de la cause italienne. Charles- Albert était à l'apogée de sa fortune.