‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 108 sur 209 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

terme moyen et d'expressions équivoques et insuffisantes, cesse toute instance [)0ur que de la bouche de Sa Sainteté sorte une déclaration de guerre solennelle et catégorique. Le peuple romain désire et il demande à Votre Béatitude un ministère réellement libéral, ({ui ait pouvoir de poursuivre et aider la guerre nationale, et par toute sorte de moyens. »

Enfin , la garde civique remettait son programme politique au comte Terenzio Mamiani, désigné par l'opinion publique pour former le nouveau ministère : concourir à la reconnaissance et à la reconstitution des nationalités démembrées et foulées aux pieds; s'unir d'amitié avec les peuples libres , et conserver avec les gouvernements absolus les seules relations que réclament la paix universelle et les intérêts du commerce ; avoir foi en soi-même et non dans l'assistance et les promesses d'aucun étranger; provoquer un pacte nouveau et un nouveau traité solennel entre les peuples; ne transiger jamais avec l'Autriche, et ne signer la paix que lorsque les Alpes traceront les frontières d'Italie, du Varo au Brennero et du Brennero au Guarnero, etc.. Plus de dissimulation et de déception! !Modération et courage !

Devant l'opinion publique si unanimement prononcée, Pie IX pensa ne plus pouvoir résister; il céda, ^lamiani s'occupa de former un ministère. La ville rentra dans le calme ; les cardinaux reçurent leurs lettres sans que le secret en eût été violé ; ils furent délivrés de la surveillance. Le Pape donna mission à Farini de stipuler avec le roi de Sardaigne un accord tendant à lui con-

fier le commandement des troupes romaines. Farini, successeur de Mgr Corboli rappelé à Rome, était également chargé d'étouffer les désordres survenus dans les provinces, sur le chemin qu'il avait à parcourir.

Le 4 mai , le ministère, accepté ou toléré par le Pape avec un programme libéral et national, fut constitué sous la présidence du cardinal Ciacchi, qu'en son absence suppléait le cardinal Orioli. Il était composé de MM. le comte Giovanni ^Marchetli; le comte Terenzio Mamiani (à l'intérieur); Pasquale da Rossi , professeur; Giuseppe Lunati, avocat; le prince Filippo Doria-Panfili ; don ^lario Massimo ducca di Rignano ; et Del Galetti , maintenu à la police sur le désir des cercles.

Le programme j inséré dans la Gazette du 6, exprimait : un hommage aux ministres prédécesseurs; l'intention , non de contenir, mais d'augmenter l'ardeur du pays pour la sainte cause italienne, de guérir les plaies profondes de l'indigence, de l'abaissement et de l'ignorance, et d'élever la nation au plus haut rang en initiant chacun aux principes sociaux et politiques que le siècle iuipatient demande à la science moderne.

Après la parole, l'action! Le ministère ordonnait la formation immédiate d'un corps de réserve de six mille hommes.

L'allocution avait produit dans les provinces la même irritation. A Bologne surtout, les vieux griefs contre l'autorité pontificale, étouffés parla popularité de Pie IX, réapparaissaient. Cette popularité disparue, on y parlait d'organiser un gouvernement provisoire ; il ne fallut

Page 1