C H A PI TUE NEUVIÈME
feu qui le clovoie, se délivre, et invo(jUG le Piémont; la Lombardie, la Yénétie sont soulevées; l'expulsion des Auliicliiens est le cri des peuples ; les princes sont entraînés malgré eux.
Chai'les-Albert a préparé ses armements contre la Répul)li(|ue française, et c'est en Lombardie qu'il s'élance à la tête de son armée, rêvant un royaume de la haute Italie, et justifiant son ambition par la nécessité d'empêcher la proclamation de la République dans les pi'ovinces insurgées et même dans ses propres États. Il pose le principe que l'Italie doit tout faire par ellemême et repousse l'intervention de la France, offerte par le Gouvernement provisoire. L'Italie, fière de ses triomphes, adhère à ce principe avec enthousiasme, Mazzini le tribun et Charles-Albert le roi , sous des inspirations contraires, ont la même pensée. Charles-Albert , pour rester seul maître des destinées de l'Italie du Nord, n'admet pas les propositions de ligue italienne; n'accepte des princes alliés que le concours de leurs troupes; dédaigne les efl'orts des volontaires; avance lentement; ne ferme pas le Frioul aux Autrichiens, afin de forcer la Yénétie à recourir à son assistance ; ne s'empare pas du Tyi'ol, par crainte de la Confédération germanique ; et laisse ainsi les voies ouvertes aux renforts attendus par Radetzki.
lUidclzki concentre son armée, en retraite sur tous les points, dans le quadrilatère formé par Peschiera , Vérone , ^lantoue, Legnago, entre le ^lincio et l'Adige, les Alpes et le Pô; il se foitifie dans cette position, et appelle à lui les secours de rAllemagne. L'Autriche évoque contre le sentiment national italien le sentiment national allemand. L'Allemagne et l'Italie, divî- VI. "^ 49
sées toutes deux en États multiples, qui toutes deux •aspirent au même but , l'unité et la liberté , cédant à des Dassions de race , se ruent l'une sur l'autre : l'Italie avec le droit, l'Allemagne avec la force; la première pour conquérir son indépendance, la seconde pour conserver sa domination.
Les secours allemands affluent dans le Tyrol, d'où les volontaires italiens sont repoussés ; Nugent pénètre dans le Frioul. La République vénète a barricadé ses villes , levé ses citoyens , organisé la résistance •, mais sans force régulière , sans général , privée de sa flotte par un incident funeste, bloquée dans ses ports, elle appelle tons les peuples et tous les princes d'Italie à son aide , et invoque celui même qui rêve son absorption. Le roi de Naples arrivera-t-il, avec sa flotte et son armée, assez tôt pour agir à son tour sur les destinées de l'Italie?
Charles- Albert, après avoir refusé, aux insistances de la diplomatie , l'armistice , oppose à Nugent les troupes pontificales commandées par Durando; cherche à s'emparer des routes du Tyrol ; remporte une première victoire à Pastrengo ; investit Peschiera; rejette les Autrichiens sur la rive gauche de l'Adige. Ce premier succès lui donne une puissance nouvelle. Il n'a plus qu'à se recruter et à ramasser ses forces. Un etl'ort encore 1 et l'armée autrichienne se retire sur les Alpes, et l'Italie est délivrée ; Charles-Albert réalise son rêve de royauté !
Mais devant cet avenir, quatre obstacles se lèvent : les illusions des Italiens, les rivalités des princes, les