‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 112 sur 209 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

divisions des partis, les elforts de la diplomatie.

Les Italiens espèrent , sans seconrs étrani^er, achever la victoire commencée, allranchir leur patrie.

Ciiarles-Albert veut le triomphe sans partage! Le Piémont poursuit une absorption générale. La Toscane convoite une part des duchés. Rome redoute l'ambition sarde, et craint Naples pour Bologne et Ancône. Naples se voit arracher la Sicile par la maison de Savoie. Les princes s'épient, se tendent des pièges, et sont prêts à se dévorer.

Les partis ont ajourné la solution de leurs destinées après la victoire. Mais Charles- Albert se méfie des républicains; les républicains se méfient du roi. Charles- Albert accélère le dénoûment ; les républicains invoquent la foi des traités. Partout soupçons, préventions, déchirements. Les réactionnaires, de leur côté, ne sciassent pas d'agir dans l'ombre. Secondés parla diplomatie, ils afïaiblissent le bon vouloir du grand-duc de Toscane ; guettent un retour de fortune chez le roi de Naples ; obsèdent le Pape et arrachent à sa conscience timorée le démenti de sa conduite passée.

L'Angleterre, qui, avant les journées de Février, favorisait dans la Péninsule le mouvement libéral contre l'Autriche, s'unit à cette puissance contre l'influence révolutionnaire de la France. La Russie combat le progrès ; ses ambassadeurs suivent dans leur retraite les ambassadeurs autrichiens. Il n'y a plus dans la diplomatie étrangère qu'une pensée : empêcher l'intervention de la République française en Italie. Sous l'impression de cette politique délétère, Léopold limite à 5 000 hommes ses troupes auxiliaires; Ferdinand médite une trahison ; Pie IX signe un abandon , recule

devant son œuvre. De là , troubles, confusions dans les esprits. La foi dans le souverain pontife est ébranlée ; la sainte cause dont il était l'àme reçoit de lui sa plus rude atteinte ; la diplomatie se crée des dilTicultés à ellemême, et provoque l'intervention de la France, contre laquelle elle déploie tant d'activité.

Les illusions, les rivalités, les divisions, la diplomatie, obstacles éternels au triomphe de la démocratie, céderont-elles devant les efforts du patriotisme? Qui l'emportera dans cette Italie , si belle , si grande et si malheureuse? l'étranger ou la nation? l'oppression ou la délivrance? Les martyrs seront-ils enfin affranchis, ou l'aigle à deux têtes dévorera-t-il toujours sa proie? Une race sera-t-elle à jamais l'esclave d'une autre race? La pensée, la lumière, la volonté, seront-elles éternellement comprimées par la force? Les armées sont en .présence. A aucune autre époque l'Italie ne fut si près de la victoire : son heure va-t-elle sonner?

A ce moment solennel, le Gouvernement provisoire de la République française déposait ses pouvoirs dans le sein d'une assemblée élue par le peuple tout entier. Il avait suivi , jour par jour , avec un œil inquiet et avec les sympathies du cœur, les combats, les succès de chaque ville de l'Italie. Prêt à secourir les nationalités opprimées, il organisait une armée, et réunissait au pied des Alpes de nombreux bataillons, pour les franchir au premier appel. Il avait pressé le gouvernement piémontais d'accepter ses offres désintéressées, et de livrer passage aux soldais de la Franco. Il n'avait

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l'ion moins fallu pour renipèclier d'agir (ju'iin relus obstiné, et celte déclaration : a Que l'intervention française ferait certainenjcnt sur l'Italie l'clTet produit sur l'Espagne par la surprise de 1808. » .Mais il léguait aux gOLivernemonls (pii lui succéderaient une armée organisée, et l'obligation de répondre au premier cri venu de ce peuple de frères, dont le sort est désormais lié à celui de la France par des nœuds que le despotisme peut briser momentanément, mais que la liberté, un jour, saura resserrer à tout jamais!

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