‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 119 sur 209 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

en accepter les conséquences. Le succès par la Hotte napolitaine, par les armées de Rome et de Naples, c'était également le salut et la délivrance; de plus, c'était la faculté de choisir la forme du gouvernement, le meilleur mode de parvenir à l'unité par une confédération des peuples de l'Italie , la stipulation obligée des intérêts de la patrie commune.

L'armée napolitaine apportait aussi le moyen de prendre à revers l'armée de Radetzki. Toutes les aspirations, toutes les impatiences étaient donc portées de ce côté. On calculait les jours, les heures, les minutes; on suivait, par la pensée, les bataillons dans leur marche trop lente, à Ancône, à Bologne; on les pressait avec l'ardeur d'une nation qui défend ses foyers. On apprenait enfin que Pepe , à Bologne , après avoir échangé des lettres avec le roi de Piémont, et lui avoir envoyé le brave capitaine UUoa pour concerter un plan de campagne, avait donné ordre, le 22, à la première et à la seconde brigade de la première division , de partir pour Ferrare avec une excellente batterie de six pièces. L'armée napolitaine allait en effet franchir le Pô, lorsqu'un événement inattendu, fatal, vint changer la situation, détruire les projets,, frapper au cœur l'Italie, et briser les espérances de l'infortunée Vénétie.

A Naples, comme à Rome, ilfy avait deux volontés : celle du prince, celle de la nation; deux intérêts : celui du pouvoir absolu, celui de l'affranchissement; deux tendances : l'une autrichienne, l'autre itaUenne. Ferdinand, tout en concédant à la pression de l'opinion pu-

blique la constitution du 29 janvier, les modifications du 3 avril , la formation du ministère Troja et l'envoi de secours en Vénétie, ne cessait de travailler dans l'ombre à regagner le terrain perdu, louvoyait avec les nécessités, et n'avançait que jiour chercher les moyens de reculer. L'allocution du Pape, du 29 avril, avait causé une vive allégresse à la cour de Naples. Les députés napolitains à la Ligue italienne avaient quitté Rome après cette allocution. On allirme que Pie IX, dans les derniers jours difficiles d'avril, avait eu, un moment, la pensée de se réfugier auprès du roi Ferdinand, et que les partisans du despotisme s'étaient empressés d'accueillir ce projet, qui leur eût assuré le concours du chef de l'Église pour une restauration dans les deux pays.

Le départ de la flotte et de l'armée avait rencontré des obstacles. « J'insistai, » dit Pepe, k afin qu'on organisât promptement l'armée, et dans des conditions telles qu'elle put décider du salut de l'Italie. Le roi, de son côté, était résolu à tout faire pour qu'elle restât numériquement faible, manquant de tout , et incapable, en somme, d'apporter un puissant concours à la cause italienne. Il serait long, ennuyeux, de retracer les odieuses et viles manœuvres auxquelles eurent recours le roi, les courtisans, les officiers supérieurs et les généraux eux-mêmes , pour s'opposer à l'organisation de l'armée. »

Un fait grave, qui fera comprendre la difficulté de la position pour Pepe et pour le ministère lui-même, c'est que le roi de Naples s'était réservé en tout temps le commandement direct de l'armée et de la marine. Il avait installé l'état-major dans son palais, donnait ses

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