‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 127 sur 209 · CHAPITRE DIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIEME

de la monarchie absolue, du lazzarone ignorant et du soldat soudoyé.

Une partie des députés alla dans les provinces tenter d'y soulever les populations. Une autre partie se réfugia à bord de l'escadre française, ainsi qu'un nombre considérable d'habitants et d'étrangers qui fuyaient, éperdus, ceshoriibles scènes de vol et de tuerie.

Le roi protesta de la loyauté de sa conduite devant le pays, devant l'Italie, devant les puissances européennes : le serment n'avait été qu'un prétexte soulevé par les députés pour se former en assemblée constituante, désarmer le pouvoir royal et proclamer sa déchéance; lorsqu'il avait cédé sur la formule, on avait dressé des barricades; derrière ces barricades étaient des républicains qui voulaient la chute du trône; il avait déjà rappelé les Suisses, il allait rappeler la garde royale, lorsque les insurgés avaient tiré contre les troupes. Il disait, dans sa proclamation du 16 mai : «... On a vu élever des barricades, au milieu des rues, dans le but criminel de susciter une collision de nature à renverser l'ordre et à faire couler le sang des citoyens. Il est vraiment déplorable qu'une partie de cette garde nationale, établie pour protéger la sûreté et la tranquillité des familles, ait non-seulement prêté la main à une perturbation si fâcheuse, mais qu'elle ait même attaqué les troupes royales, qui, voyant des camarades tomber sous le feu inattendu d'armes fratricides, ont dû faire usage du droit sacré de la défense, et, par un mouvement de juste indignation qu'il n'était pas en

leur pouvoir de réprimer, s'élancer d'un commun accord pour repousser la force par la force. »

Le roi congédia le ministère Troja, en forma un autre, dont M. Bozzelli fut l'inspirateur et le prince de Cariati le président, prononça le licenciement de la garde nationale , et basa la dissolution de la Chambre des députés sur ce considérant : « Ayant appris, par les documents authentiques, que, le 15 mai, jour de funeste mémoire, ceux qui avaient été élus pour former une partie du parlement se sont attribué la qualité d'unique assemblée représentative de la nation, et ont choisi un président; qu'ils ont déhbéré et nommé un Comité de salut public, sous la dépendance absolue duquel devait être placée la garde nationale, etc.. »

Pour désarmer les provinces dont on redoutait le soulèvement, il s'empressa de publier cette proclamation :

(( Profondément affligé de l'horrible événement du 1 o mai, notre plus vif désir est d'en affaiblir autant que possible les conséquences. Notre très-ferme etinmuiable volonté est de maintenir la Constitution du 1 0 février sans tache et pure de tout excès; laquelle, étant la seule compatible avec les vrais et présents besoins de cette partie de l'Italie, sera l'arche sainte sur laquelle doit s'appuyer l'avenir de nos très-aimés peuples et de notre couronne.

» Les Chambres législatives seront, dans peu, convoquées de nouveau, et la fermeté, la sagesse, la prudence, que nous attendons d'elles, nous aideront vigoureusement dans toutes les parties des choses publiques qui ont besoin de sages et utiles réformes. Reprenez donc vos occupations accoutumées. Fiez-vous,

Page 1