‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 136 sur 209 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

rendit un véritable service au gouvernement, en lui faisant retrouver des sympathies qu'il avait déjà perdues ». Le bruit courut que des listes d'un nouveau gouvernement provisoire, composé de républicains, avaient été distribuées dans les cafés. La con\ocation faite deux jours à l'avance prouvait le complot. Des arrestations furent ordonnées; le gouvernement était entraîné, par sa victoire même, à sévir et à réagir. Comme il advient toujours en semblables circonstances, la démocratie, par ses divisions, perdit de sa force. L'opinion publique se souleva contre une pareille diversion. On accusa l'Autriche de ne pas y être étrangère, et la presse dévouée à Charles-Albert fit remarquer que, le môme jour, Radetzki était sorti de ses lignes pour attaquer l'armée italienne.

Le dépouillement des registres donna 561 002 voix pour la fusion immédiate avec le Piémont , contre 08 1 pour l'ajournement. Le Gouvernement provisoire publia

le résultat : « Le peuple lombard a décidé, à la

presque unanimité , la proposition suivante : . . . Nous , soussignés, obéissant à la suprême nécessité que l'Italie entière soit délivrée du joug étrangei', et dans le but principal de continuer la guerre de l'indépendance avec toute l'efficacité possible, comme Lombards dans l'intérêt de ces provinces, comme Itahens dans l'intérêt de toute la nation, nous avons voté pour l'immédiate réunion des provinces lombardes aux États sardes, décidant également que, d'après la base du sulfrage universel, il sera convoqué, dans les susdits pays et dans tous ceux qui ont adhéré à cette réunion, une commune Assemblée constituante, (jui sera appelée à discuter et à établir les bases et les formes d'une nouvelle monar-

cliie conslitutionnelle, sous la dynastie de la maison de Savoie. »

Les déléguc% lombards se rendirent à Turin, pour se concerter avec le ministère et les Chambres sur les mesures à prendre.

Les habitants des duchés de Parme et Guastalla ayant aussi voté leur annexion à la Sardaigne , le ministère proposa, dans la séance de la Chambre du I" juin, d'étendre à ces duchés le décret, du 27 mai, relatif à la jonction du duché de Plaisance, qui s'était prononcé antérieurement. Les députés de Parme assistaient , dans la tribune diplomatique, à cette séance; ils furent accueillis par des applaudissements enthousiastes, et répondirent à cet accueil en exprimant leur vive satisfaction « de se voir placés sous les auspices d'une nation puissante qui s'appellerait le royaume de la haute Italie i> .

Le Gouvernement provisoire de Modène et Reggio publiait, (( conformément aux bases mentionnées dans les votes, et suivant la proclamation du 3 mai de la commune de Reggio, et celle du 1 0 de Modène, l'incorporation des duchés aux États sardes, ainsi qu'à toutes les autres provinces italiennes qui pourraient également, par la suite, opérer leur jonction avec le Piémont dans l'intention de fonder un royaume constitutionnel de la haute Italie, sous le gouvernement de la maison de Savoie » .

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