‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 138 sur 209 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

teslations, inlerpellalions, adresses, pétitions, suppliques, aHiches, cris traces sur les murailles; c'était le choc perpétuel des opinions les plus diverses! Les uns ne rêvaient la délivrance que par l'épée du roi et par l'unité; les autres voulaient le salut de la République par la République; et, si elle devait mourir, ils voulaient qu'elle mourût debout, les armes à la main, et non qu'elle se suicidât par un vote; ceux-ci, balançant de bonne foi le pour et le contre , consultant leur conscience troublée, n'osaient se prononcer; ceux-là, adorant la République comme une idole , l'oflraient en sacrifice sur l'autel de l'Italie. Enfin, le 3 juin, le peuple éperdu , apprenant cette mise en demeure des comités provinciaux, tremblant pour la République, accourut en tumulte sous les fenêtres de Manin, demandant à grands cris sa présence. .Alanin parut, désapprouva cette manifestation, et, dévorant ses propres inquiétudes, rappela que le meilleur moyen de servir la cause républicaine était de maintenir religieusement l'ordre et la tranquillité; sa parole aimée calma les esprits; et la foule se dispersa en silence.

Charles-Albert touchait de la main la couronne de la haute Italie. Mais, en se faisant le dépositaire d'une couronne avant de l'avoir conquise sur l'Autrichien, d'un territoire avant d'en avoir expulsé l'étranger, des destinées de nouveaux peuples avant de les avoir délivrés, ne prenait-il pas l'engagement inviolable de ne plus transiger et de les défendre jusqu'au dernier souille de sa vie? La réalisation trop prompte de ses vœux ne nuisait-elle pas au succès final? N'eûl-il pas été plus

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