‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 140 sur 209 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

Le colonel Gi a corn 0 Durando, qui avait remplacé le général Alleniandi dans le commandement des volontaires lomhards-piémonlais, avait recueilli les débris qni avaient survécu à l'indiscipline, au mécontentement et à la dispersion, après les tentatives dans le Tyrol. Il était parvenu à en réunir 6 000 des plus déterminés. Trop faibles pour renouveler une pointe jusqu'à Trente et s'emparer de l'Adige supérieur, ils avaient reçu mission de se tenir sur la défensive, et de garder la ligne du Tyrol, en occupant les hauteurs qui dominent les vallées du versant lombard. Ils eurent quelques brillantes escarmouches avec des détachements ennemis, insuffisants de leur côté pour forcer les passages. Le 22 mai cependant, un corps de 3 000 Autrichiens voulut enlever le pont del Cafforo, pour faire des excursions jusque dans la contrée limitrophe de la province de Brescia. Ce coup de main vint échouer devant la bravoure des volontaires. Par ces actions d'éclat ils démontraient qu'ils étaient bien de ceux-là qui avaient vaincu à Milan, et ils prouvaient ce que, soutenus et bien commandés, ils eussent pu faire!

Les Autrichiens , en pleine révolution à Vienne , ne craignaient pourtant pas, eux, d'avoir recours à l'enthousiasme et aux passions de la jeunesse. L'archiduc Jean organisait lui-même les volontaires allemands dans le Tyrol; et le premier bataillon de volontaires viennois était parti, le 10, pour rejoindre l'armée, aux acclamations de toute l'Allemagne.

Après le combat de Santa-Lucia , Charles-Albert était resté inactif, attendant des batteries de siège pour

l'attaque de Peschiera. Cette place, située sur la pointe méridionale du lac de Garde, à l'endroit où le Mincio prend son cours , était assez bien fortifiée et défendue par deux mille Croates, commandés parle vieux général Ratt; les munitions étaient abondantes, mais les vivres manquaient. Le duc de Gênes, second fils du roi, avait la direction du siège; le génie était confié au général Ghiodo; l'artillerie, au général Rossi. La division Federici formait le corps assiégeant; les batteries furent montées le 15, et achevées dans la nuit du 17 au 18. Le feu, commencé le 18, contrarié par des torrents de pluie, fut suspendu et repris. La tranchée fut enfin ouverte. Le 26, Charles-Albert, craignant quelque tentative de Radetzki, qui venait de recevoir les renforts de Nugent, somma la garnison de se rendre, lui offrant une capitulation honorable. Les assiégés, qui jusque-là avaient opposé une fière résistance , quoique dépourvus de vivres et réduits à un quart de ration, refusèrent, mus par l'espérance d'un prompt secours. LesPiémontais, dans l'impossibilité d'un coup de main, se virent forcés de poursuivre le siège régulier.

VIIT

L'armée piémontaise gardait ses positions à Santa- Giustina, Sona, Somma -Campagna et Villafranca; les Toscans et quelques Napolitains, à Curfatone et à Montanara; le 10* de ligne napolitain, à Goïto.

Radetzki, à qui la lenteur de Charles -Albert avait permis de reformer une armée égale en nombre à celle du roi, changea de système. De l'immobilifé il passe à l'action, de la défensive à l'offensive. Son plan est mûri

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