CHAPITRE ONZIEME. 3CI
dre les Piémontais en flanc , leur couper les routes et les rejeter sur le Mincio.
Ce ne fut qu'à une heure après midi que l'armée piémontaise put se trouver en ordre de bataille. Ne laissant autour de Peschiera que les forces indispensables pour suivre le siège et le couvrir, elle était enfin parvenue à se concentrer au nombre de 22 000 hommes, l.a gauche était appuyée sur Goïto défendu par de nombreuses pièces de canon et par le 10" napolitain. La brigade Casale à droite de Goïto, un peu en arrière, occupait les hauteurs de Somenzari; la brigade Cuneo, encore plus en arrière, s'était déployée parallèlement à la route qui conduit de Goïto à Brescia. En seconde ligne se tenait la brigade Aosta. Un régiment des gardes était placé en réserve derrière l'aile droite. Un autre régiment des gardes s'était un peu replié pour soutenir l'extrémité de la ligne, que l'ennemi pourrait déborder. Un régiment de cavalerie surveillait les routes de Solarolo et de Ceresara. L'artillerie en position sur le front de la ligne, la cavalerie et l'artillerie de réserve au second plan , étaient prêtes à soutenir les points menacés. L'armée formait ainsi une ligne en biais dont Goïto était la pointe. Telles étaient les dispositions prises par le général Bava, à qui était confié le commandement général.
L'ennemi n'ayant pas été aperçu dans des reconnaissances faites vers Gazzoldo et Sacca , Bava commence à douter d'une attaque aussi tardive. Déjà il a donné l'ordre à une partie des troupes de bivouaquer, à une autre partie de se replier sur Volta; et le roi s'est mis en route pour retourner à Yallegio, où il a établi son quartier général , lorsqu'à trois heures et demie l'armée
autrichienne arrive en masse , ouvrant le feu sur toute la ligne. L' avant-garde , sous les ordres de Benedeck, exécute un mouvement d'attaque contre Goïto; la brigade Wohlgemuth s'avance , tenant la gauche de Benedeck, la brigade Strassoldo , à la gauche de Wohlgemuth, cherche à déborder l'armée piémontaise pour la jeter sur le Mincio. Si les 1 0 000 hommes commandés par d'Aspre arrivent sur le champ de bataille, par Ceresara, ce résultat, calculé et espéré par Radetzki, lui paraît infaillible. Cinq fois les Autrichiens s'élancent sur Goïto; cinq fois ils sont repoussés. Le général Bava a fait dresser sur l'autre rive du Mincio une batterie de quatre pièces, qui prend de flanc les assiégeants et qui sème dans leurs rangs le carnage et la mort. Mais, tandis que sur ce point les Italiens tiiomphent, Wohlgemuth parvient à enfoncer un bataillon de la brigade Guneo , prend les autres par le côté et les fait reculer. Le régiment des gardes fait aussi un mouvement rétrograde devant Strassoldo, qui l'attaque de front. Le péril est imminent.
En ce moment, Bava reçoit l'avis que l'ennemi improvise un pont au-dessus de Goïto, pour prendre l'armée à revers. Le général serait-il donc dans la nécessité d'ordonner la retraite ? Il ne le pense pas; et négligeant cet avis d'un fait possible mais non probable, il ne songe qu'à soutenir sa droite , où la première et la seconde ligne culbutées laissent la troisième recevoir le choc. L'artillerie piémontaise, malgré les diflicultés du terrain, parvient, des hauteurs de Sommenzari, à ouvrir un feu roulant. Ainsi protégée, la brigade Aosta, qui, la dernière en ligne, se trouve maintenant la première, marche en avant. Le duc de Savoie rallie les