‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 147 sur 209 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

il est forcé de recourir ù l'artillerie, et se iieurte à la porte, où se livre un combat acharné. Au même moment, d'Aspre charité, par colonne et en masse, la barricade de la porte Padova, et se brise en etïbrts inutiles contre la bravoure des Italiens. Sur tous les points, la lutte est ouverte, furieuse, sanglante; c'est un cercle de fer et de feu dévorant. Général, officiers, volontaires, soldats, liabi-tants, reçoivent, sans Ijroncher, ce formidable assaut qui menace de tout engloutir. Pendant six heures on se bat. Les Autrichiens ne font que des progrès insensibles. Là où le choc des armes est le plus terrible, c'est sur les collines. Les Italiens et les Suisses, refoulés de Bella-Vista et de Ranibaldo, se concentrent sur leBericocolo. L'artillerie habilement dirigée par les Suisses et la mousqueterie des volontaires vomis.sent la mort dans les rangs des assaillants. Les cadavres s'entassent, le sang coule par torrents. Des deux côtés on sent que cette dernière colline est la clef de la situation. Les Autrichiens tentent un nouvel assaut. Douze mille hommes de troupes fraîches montent au pas de charge. Les Itahens et les Suisses résistent en désespérés. Prodiges de valeur, dévouements subhmes, sont impuissants contre ce flot impétueux qui envahit les hauteurs. Officiers et soldats succombent. Le major Geutiloni de Filottrano, jeune homme de grand avenir, meurt. Le valeureux colonel Cialdini est grièvement blessé. Le commandant de l'artillerie est renversé par un coup de mitraille à la jambe. Le colonel d'Azeglio couvre la retraite avec les plus intrépides, essaye un dernier effort à l'église del Monte, et blessé, tombe à son tour.

Durando donnait partout des ordres, et non des en- VL 24

couragcments superflus. Aucun n'avait besoin d'entencire la voix du chef; sa présence suffisait. Il apprend la retraite de d'Azeglio, court à la réserve, dit aux Suisses de voler à son secours, et lui-même , à la tête d'une colonne, cherche à contourner les collines; mais les rangs des Autrichiens sont tellement épais, que les Italiens sont obligés de céder et de se resserrer dans la ville. L'ennemi, maître des hauteurs, les couvre de batteries; et bientôt obus, grenades, bombes, boulets, pleuvent sur la cité. La résistance, concentrée derrière les portes et les barricades, n'en est que plus viV'C; le péril accroît l'audace dans les cœurs et ne les émeut pas; la nuit vient ajouter l'horreur des ténèbres à toutes les horreurs du combat.

Depuis trente-six heures, les Italiens sous les armes, épuisés par la soif, par la faim qu'ils n'ont pas eu le temps d'assouvir, par les fatigues, par le sang versé, ne sentent pas leur courage épuisé. Mais tant de sacrifices pourront-ils sauver la ville ? Après la perte des hauteurs, elle fie sera bientôt plus que décombres. L'artillerie des Suisses est en partie démontée. Faut-il exposer Alcence à tous les désastres d'une ville prise d'assaut ?

Le général examine avec douleur, mais avec sangfroid, cette situation funeste. Il n'a ni promesse ni espoir de secours de Charles-Albert. Il peut obtenir une capitulation honorable pour les habitants et pour son armée ; il y songe. Vers six heures du soir, il annonce au comité de défense ses résolutions et lui donne un quart d'heure pour réfléchir. Le comité repousse, au nom de la cité, toute capitulation. Le général accueille cette réponse comme le délire du patriotisme et prend

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