‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 149 sur 209 · CHAPITRE ONZIÈME. 37o · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME. 37o

craintes que l'armée piémontaise, rassemblée, écrasât successivement les corps autrichiens détachés pendant les marches hardies qu'il venait d'exécuter; ot il s'applaudit de son activité et de l'inactivité du roi.

Peu de jours après, le 2i, Palma-Nova, après avoir soutenu le siège avec succès, entraîné par l'exemple plus que par !a nécessité, capitula. La compaiinie piémontaise conserva ses armes, mais prit l'engagement de ne pas se battre pendant une année contre l'Autriche; les Vénètes furent renvoyés désarmés dans leurs villes ; la vie , la liberté , les propriétés des citoyens furent garanties. Les signataires de cette capitulation eurent la faiblesse de laisser insérer cette clause : « La cité reconnaît s'être compromise, et se soumet ellemême, quoiqu'elle se trouve encore fournie de subsistances et de moyens de défense. » Cette concession avait été arrachée par la cupide pensée d'obtenir a le payement des dettes publiques contractées pendant le blocus, durant lequel d'innocentes familles ont perdu tout leur avoir )>. A ces esprits impressionnés, l'intérêt parla plus haut que l'honneur.

De toute la Yénétie, seuls Venise et Osopo étaient libres. Les Autrichiens commençaient à enserrer Venise. Au moment même où l'on y apprenait avec douleur les chutes de Vicence, de Trévise, de Padoue, qui suivaient l'abandon et le départ de la flotte napolitaine

effectues le 1 I juin, on aperçut les bannières autrichiennes à l'horizon. Bientôt le littoral entier fut occupé par les soldats de l'empereur. La crise prévue parvenait à son terme. Venise s'était préparée pour cette heure dernière ; Venise, désormais seule, était maîtresse de ses destinées. 3Ianin et Tommaseo se demandèrent un moment s'il ne valait pas mieux combattre que délibérer, et suspendirent la réunion de l'Assemblée nationale convoquée pour le 18. Alors se développe une énergie surnaturelle; les chefs saisissent le commandement avec vigueur; la masse indisciplinée met la discipline dans ses rangs. Pepe parle aux yeux et aux cœurs par sa noble vieillesse et sa valeur éprouvée. Sous ses ordres, le général Autonini, à peine rétabli de la perte de son bras, reprend le commandement de la cité et dêê forteresses, et otfre un exemple vivant du sacrifice à la patrie. Ferrari rapporte, de Rome, à Pepe le pouvoir de commander aux débris des cohortes pontificales. Chaque chef inspire le dévouement et la confiance; chaque soldat sent tressaillir en lui les sentiments italiens. Le corps des mariniers, au nombre de 4 000, infatigable, fait un double service et sur terre et sur mer. 2 000 ouvriers travaillent dans l'arsenal avec activité à la construction des navires de guerre. Venise ajoute aux quatre millions cinq cent mille livres de l'emprunt national une surcharge de quinze cent mille livres. Venise se roidit contre la fortune adverse.

La flotte sarde était un auxiliaire puissant. Non-seulement elle empêchait Venise d'être bloquée par mer

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