‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 155 sur 209 · VI. to · texte numérisé non relu

VI. to

doivent faire comprendre que nous sommes loin de désirer que les armes françaises entrent en Italie pour nous sauver;... assez et trop longtemps Tltalie a été un champ ouvert aux ambitions des puissances étrangères. » (Applaudissements. )

Dans la séance du 30 mai, à Turin, lors de la discussion de l'adresse, M. Pallael exprimait le regret de ce qu'il n'y fût pas dit un seul mot de la République française , qui s'était montrée si favorable à l'indépendance italienne, et il réclamait la reconnaissance officielle de son gouvernement. M. Valerio s'associait à ce désir : v Ne demandant pas cet acte parce que la République française a mis, tout de suite, son intervention au service de la cause italienne, mais parce qu'elle a témoigné qu'elle n'otîrirait de secours qu'autant qu'ils seraient réclamés. » M. Palluel se justifiait aussitôt d'avoir eu la pensée de réclamer l'intervention française. « Car ce ne serait plus un véritable affranchissement, ce serait encore la domination étrangère sous une autre forme; et je défie qu'il y ait dans l'Assemblée quelqu'un qui la repousse plus énergiquementque moi. »

Quant à Charles- Albert, il allait dans ses répulsions jusqu'à refuser le concours d'un général français, ce général fùl-il Bugeaud, si connu par son dévouement aux Bourbons. Le ministre de la guerre Franzini, chef d'état-major de l'armée, reconnaissait, avec une digne humilité qui était de la grandeur d'âme, sa propre inexpérience et celle des généraux sardes, et s'exprimait ainsi dans une séance de la Chambre des députés , le 4 juillet : « Sa Majesté, la première fois qu'elle me vit , me dit que l'Italie devait se suffire à elle-même, et qu'elle n'acceptait pas l'offre d'un maréchal français

Page 1