‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 156 sur 209 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

que je proposais comme devant doubler la force et la valeur de son armée. »

Les journaux, organes de l'opinion publique, ne cessaient également de s'élever contre l'intervention de la France. Dans leur polémique, variant de forme à l'infini, la conclusion était toujours la même : confiance dans les forces de l'Italie, détiance de l'étranger; orgueil du patriotisme poussé jusqu'à l'aveuglement, refus poussé quelquefois jusqu'à l'injure ! Les protestations, les lettres parvenaient par milliers au ministère des afîàires étrangères, à Paris; c'était une répulsion générale.

Cette question est tellement importante et les détails en sont si peu connus, que nous avons dû les donner, sans crainte de répéter des formules toujours les mêmes, des sentiments toujours identiques. La vérité doit sortir de notre récit, évidente , incontestable. L'étude consciencieuse des documents de' cette époque prouve surabondamment que ce fut l'Italie entière qui, fière de ,ses propres forces et de son courage, repoussa l'intervention de la République française , généreusement offerte ; à l'exception de quelques républicains qui , en défiance de Charles-Albert , pénétraient mieux dans l'avenir. Ces réflexions ne sont pas un blâme. L'orgueil national est un sentiment si élevé , qu'il doit être respecté même dans ses erreurs. Le peuple qui veut s'affranchir par lui-même ou succomber, qui a assez d'énergie pour le tenter, doit être admiré, même lorsqu'il méconnaît les saintes lois de la solidarité qui existe entre les hommes et les peuples.

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