CHAPITRE DOUZIÈME
sa propre inclination que le dernier empereur fut induit à inclure la Lonibardie dans les domaines impériaux.
» Mais il paraît, d'après la communication que vous m'avez faite, que, bien que le gouvernement autrichien fût prêt à traiter pour un arrangement par lequel la Lombardie serait laissée libre de disposer d'elle-même à son choix, pourvu qu'elle prît une bonne portion des dettes de l'empire dont elle a formé une partie, néanmoins le gouvernement autrichien désire proposer un arrangement par lequel les provinces vénitiennes continueraient à avoir une connexion modifiée avec la couronne impériale.
» Si un tel arrangement pouvait être praticable, il serait, sous beaucoup de rapports, non-seulement avantageux pour l'Autriche, mais encore pour les provinces vénitiennes elles-mêmes. Mais le gouvernement de Sa Majesté craint que, quelque raisonnable qu'une telle proposition fût en soi, et quelque bien calculée qu'elle fut pour avoir été acceptée par les Vénitiens, si elle leur avait été présentée il y a quelques mois , les choses ne soient allées maintenant trop loin pour permettre qu'il y eût maintenant probabihté pour (ju'un tel arrangement fût accepté par les Vénitiens, ou pour être amené par d'autres moyens qu'une conquête militaire absolue.
» Le gouvernement de Sa Majesté ne voudrait par conséquent pas entrer dans une négociation qui , dans son opinion, n'oflrirait pas des chances de succès, et faire une proposition qu'il sait d'avance devoir être positivement repoussée par une des parties.
» C'est donc au gouvernement autrichien à considérer les chances... et si, après un examen complet de toutes
i\i LA RÉVOLUTION DE 1848 EN EUROPE.
les circonstances présentes, le gouvernement autrichien se sentait disposé à donner son consentement à un arrangement qui, étant formé sur les principes établis dans votre mémorandum du 24 mai dernier par rapport à la Lombardie, y ferait inclure autant de portions du royaume vénitien qu'il pourrait être convenu entre les deux parties, le gouvernement de Sa Majesté ne perdrait pas de temps à mettre sur pied une négociation fondée sur de telles bases. »
Le baron Hummelawer remercia lord Palmerston de son intervention amicale, et réclama de lui, pour le cas où les bases qu'il indiquait seraient accueillies, des démarches propres à faire accepter un armistice ; mais à Inspruck, l'ambassadeur anglais éprouva une résistance opiniâtre sur la question relative à l'abandon de tout ou partie de la Vénétie. Le vicomte Ponsomby écrivait de cette ville, le 9 juin, à lord Palmerston :
« Assez tard dans l'après-midi, j'eus l'honneur d'une conversation avec Son Altesse Impériale l'archiduc Jean Après avoir passé en revue la situation actuelle de l'empire, la question de Lombardie fut terminée par la déclaration de Son Altesse Impériale qu'il fallait que la paix fût faite... Son Altesse dit que les Lombards devaient avoir la disposition absolue de leur propre sort; qu'ils prendraient Charles-Albert pour roi ou toute autre personne , et feraient ce qu'ils désireraient pour leur gouvernement... — Votre Altesse acceptera alors la paix quand même ? A quoi il répondit : Oui! en ce qui concerne la Lombardie, mais nous devons garder Vérone et la ligne de l'Adige; c'est nécessaire pour protéger Trieste , qui est la clef de nos provinces illvriennes. ))