‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 169 sur 209 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

» Il ne restera qu'à nommer de part et d'autre des plénipotentiaires pour conduire la négociation en question au but désiré. »

A ce moment, il n'est pas permis d'en douter, la Lombardie pouvait faire reconnaître son indépendance par l'Autriche, en séparant sa cause de celle de la Vénétie. La Lombardie sut noblement résister à cet appât. Elle ne voulut pas d'une liberté scellée par la trahison. Elle aima mieux succomber avec la Vénétie, sa sœur, que triompher sans elle. Elle resserra plus intimement ses Hens avec les provinces vénètes après leurs défaites. Le Gouvernement provisoire de Milan, quels qu'aient été ses motifs, accomplit son devoir sans hésitation, avec grandeur et loyauté. S'il commit des fautes, il sut prouver, par cette conduite généreuse, que l'amour de la patrie italienne l'inspirait, et il répondit aux méfiances et aux soupçons par un refus net aux propositions de l'Autriche-, et cela, spontanément, sans consulter ni la France ni l'Angleterre. Voici cette belle réponse, dont la date même prouve la spontanéité.

Le comte Casati au baron Wesse?iberg .

«Milan, 18 juin 1848.

)) M. le conseiller de légation de Schnitzerm'a remis une lettre de Votre Excellence, en date du 13 courant, dans laquelle il me fut annoncé qu'il aurait à me communiquer une autre lettre officielle ayant pour but d'entamer des négociations de paix. En effet, hier au soir, dans un entretien que j'ai eu avec lui, en présence de plusieurs de mes collègues du Gouvernement provisoire, il me remit l'autre lettre de Votre Excellence, de même date, qui contenait les propositions de

pacification se résumant dans les quatre points suivants :

» 1" Indépendance absolue de la Lombardie, et sa séparation de la monarchie autrichienne;

)) 2" L'obligation, de la part de la Lombardie, de se charger d'une partie pro])ortionnelle de la dette autrichienne ;

» 3" Conventions commerciales en faveur de l'industrie autrichienne ;

» 4" Indemnités pour les biens privés de la famille impériale, et pour les dommages soufferts par quelquesvuis par suite des événements;

)) En même temps un armistice pour traiter sur ces bases.

» Ces propositions ayant été développées, il se présenta d'abord l'idée que Votre Excellence regardait la question comme simplement lombarde, tandis qu'elle a toujours été envisagée par nous comme une question italienne. Cela posé, si dans l'article premier, au lieu de l'indépendance lombarde, il avait été question de toutes les provinces italiennes soumises au sceptre de l'Autriche, les articles suivants prêteraient matière à une négociation, et nous sommes persuadés qu'on ne serait pas loin de tomber d'accord.

» Le Gouvernement provisoire, au nom duquel j'écris, est profondément pénétré du désir de mettre lin à une guerre désastreuse , et qui pourrait encore se prolonger avec des sacrifices graves pour les deux parties, mais la cause dont il s'agit est tellement sacrée à ses yeux, qu'il ne saurait la déserter, pas même en partie.

» Les déclarations des autres provinces se prononcent pour la fraternité, et notre indépendance ne saurait être garantie si elle n'existait qu'à moitié. Votre Excellence

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