‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 170 sur 209 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

peut être assurée que l'Autriche trouverait alors dans l'Italie voisine une nation amie, et que les intérêts matériels des deux nations y gagneraient immensément, plus que dans le cas où les provinces italiennes devraient, ou dans leur totalité ou en partie, rester forcément unies à la monarchie autrichienne. La pénétralion de Votre Excellence approfondira d'abord tous les avantages qui résulteraient pour la monarchie autrichienne de l'existence d'un État fort dans la haute Italie, d'un Etat qui serait une garantie pour la paix européenne. Votre Excellence aura déjà appris que la Lombardie a déclaré vouloir former un seul État avec le Piémont. Cet événement apporte des changements à la forme des relations politiques et internationales, et nous ne saurions plus, dès à présent, entrer en négociations quelconques que d'accord avec legouvernement du roi Charles-Albert. Le Gouvernement provisoire ne saurait d'ailleurs s'intéresser à ce qu'un armistice fût admis dans l'état actuel des choses, et il ne croit pas non plus que le roi Charles-Albert voudrait y adhérer. »

Les ministres et les Chambres sardes étaient également déterminés à ne pas sacrifier la Vénétie, à ne pas abandonner une parcelle de la patrie italienne. Le 1 3 juin , le gouvernement piémontais et les députés lombards avaient signé une convention provisoire de fusion, dont les bases étaient les libertés consacrées par les deux pays, et la convocation d'une Assemblée constituante commune, dont la réunion serait fixée au plus tard au 1" novembre.

Le 1 5 , un projet de loi était soumis à l'approbation des députés, ayant pour objet de consacrer non-seulement la fusion de la Lombardie avec le Piémont, mais encore celle des provinces de Padoue, Yicence, Trévise et Rovigo. Le 28, la loi suivante fut votée :

« La réunion immédiate de la Lombardie et des provinces de Padoue, A^icence, ïréVise, Roviiio, votée par les populations, a été acceptée. La Lombardie et les provinces forment un seul royaume avec les États sardes, et les autres États déjà réunis. Par le moyen du sullVage universel , sera convoquée une Assemblée constituante commune, ayant mission de discuter et d'établir les bases et la formation d'une nouvelle monarchie constitutionnelle avecla dynastie de Savoie, l'ordre de succession établi par la loi salique, et conformément aux vœux exprimés par les Vénitiens et le peuple lombard, et à la loi du 12 mai 1848 du Gouvernement provisoire de la Lombardie. La formule du vote ci-dessus contient l'unique mandat de la Constituante et détermine les limites de son pouvoir. »

Ainsi les événements se dessinent de plus en plus nettement, et se précipitent de tous côtés.

Certes, déjà devaient poindre dans le cœur de quelques-uns les intérêts et les passions étroites, inhérentes à l'humanité, qui surgissent des faits mêmes et s'élèvent contre les grandes actions et les nobles déterminations. Turin céderait-il à Milan les honneurs et les avantages de la ville capitale ? La noblesse piémontaise ne perdrait-elle pas de son influence, de ses emplois,

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