VI
caines. Tout l'intérêt de la situation s'était concentré sur le choix du nouveau roi! Le grand-duc de Toscane ne laissa pas que de briguer cet honneur pour sa faiiiille. Un prince piémontais l'emporta. Le jour où était promulguée la Constitution, le 1 1 juillet, un décret appela à régner en Sicile le duc de Gênes, deuxième fils du roi de Sardaigne, sous le nom d'Albert-Amédée. Une commission de pairs et de députés alla otfrir le trône à ce jeune prince , qui combattait vaillamment en Lombardie. La Sicile célébra, par des réjouissances publiques et des transpoits d'enthousiasme, la satisfaction d'avoir pour elle seule un roi. Les républicains, en minorité, eussent préféré voir ajourner cette décision; car, aux yeux de ceux qui mettent l'intérêt dynastique audessus de l'intérêt des peuples, elle semblait justifier Ferdinand d'avoir rappelé de la Lom'nardo-Vénétie son armée et sa flotte, destinées à donner une couronne à un rival, qui lui enlevait une des siennes.
A Naples, l'ouverture du Parlement, convoqué pour le \" juillet, se fit sous l'aspect le plus sinistre. Les élections , regardées comme illusoires après le 1 5 mai , n'avaient pu être terminées dans un certain nombre de collèges. Les rues de Naples portaient encore les traces du sang et du pillage; les maisons et les palais, les traces des balles et des boulets. Les boutiques étaient restées fermées comme en un jour de deuil public. Les pairs et les députés, presque tous réélus, étaient taciturnes; les ministres, embarrassés; les visages, sombres. Le ministère cependant voulut donner un simulacre du