CHAPITRE TREIZIÈME
malgré la différence du nombre. Mais Sonnaz ne se laisse pas éblouir par le succès. Il voit la supériorité des forces autrichiennes, pressent une attaque simultanée de Radetzki vers Somma-Campagna, et il ordonne la retraite, qui s'opère avec ordre, sur Cavaione et Colmasino. Dans la matinée du 23, Thurn prit possession des hauteurs de Rivoli.
Dans la nuit du 22 au 23, Radetzki sort de Vérone, dans le plus profond silence , pour surprendre les Italiens. Les roues des affûts et les fers des chevaux sont enveloppés de drap. Un effroyable ouragan couvre le bruit sourd de leurs pas, mais retarde la marche. Ses troupes sont ainsi disposées : le deuxième corps forme l'aile droite; le premier corps, la gauche; le corps de réserve suit au centre. Son front d'attaque s'étend de Santa-Giustina à Custosa. L'aile droite se divise en deux colonnes : l'une s'avance sur Santa-Giustina , l'autre sur Sona; la gauche se dirige contre Somma-Campagna. Une brigade tient l'extrême gauche contre Custosa. Derrière cette brigade, quatre escadrons sont échelonnés, tournés vers Yillafranca. Le mouvement était combiné pour fondre sur l'ennemi aux premières lueurs du jour, et le saisir encore alourdi par le dernier sommeil. La tempête est si violente que les Autrichiens ne se trouvent en face des Italiens qu'à six heures du matin. Ceux-ci, avertis seulement deux heures auparavant, se disposent à la hâte. Pour soutenir ce choc terrible, ils ne sont que dis: mille, commandés par le général Broglia, et n'ont leur ligne protégée que par une tranchée élevée à l'Osteria del Bosco, entre Santa-Giustina et Sona, et munie de grosse artillerie.
La droite des Autrichiens concentra aussitôt ses
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elForts sur cette tranchée. Mitraillée par un feu roulant, elle fut contrainte de se porter à gauche sur Sona, défendu par le deuxième régiment de la brigade de Savoie et un régiment de Parmesans. La gauche se précipitait en même temps sur Somma-Campagna, défendu par les Piémontais et les Toscans. Quoique bien inférieurs en nombre , les Italiens reçurent l'assaut formidable de l'ennemi avec une fermeté et un courage admirables. Le combat dura trois longues heures, avec des péripéties diverses. 3Iais les Autrichiens débordaient sans cesse avec des troupes fraîches. Enfin, devenus maîtres de Somma-Campagna, ils menaçaient d'envelopper tout le corps d'armée de Broglia. La position devenant impossible, le général ordonna la retraite sur Castelnovo et Calvacaselle. Là, il se trouva réuni à Sonnaz, qui avait ramené par Calmasino et Cola les cinq mille hommes de Rivoli et de la Corona , suivis par Thurn à distance, lentement et avec précaution. Par cette jonction, le corps de Sonnaz fut concentré entre Castelnovo et Cola, ayant souffert, mais sans avoir été entamé, après avoir éprouvé et fait éprouver des pertes réciproques. Le général fit, la nuit, détiler ses troupes, protégées par les canons de Peschiera, sur la rive droite du Mincio.
Radetzki s'était ainsi emparé, le 23, de toute la ligne de Santa-Giustina, de l'Osteria del Bosco, de Sona, de Somma-Campagna, de Custosa. Faisant face au Mincio, une partie de ses troupes s'était portée jusqu'à Castelnovo, Oliosi et >lonte-Yento; il établit son quartier général à San-Giorgio in Salice.
La division Visconti s'était repliée sur la rive droite du Mincio pour défendre les ponts.