‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 187 sur 209 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

Les plus déterminés demandèrent au Gouvernement j)rovisoire, qui n'avait pas encore cédé le pouvoir aux délégués du roi, de prendre des mesures de salut public, et de concentrer l'action dans les mains d'une autorité responsable. Le Gouvernement provisoire y consentit. Une commission de défense fut constituée, composée du général Fanti, de l'avocat Restelli et du docteur Maestri. Hommes de loyauté et de courage, ils se mirent immédiatement à l'œuvre. On se hâta pour réparer le temps perdu et faire ce qui aurait dû être fait depuis longtemps, si une trop grande confiance dans l'armée piémontaise, dans le roi, dans la victoire, n'avait pas égaré les esprits.

La commission de défense excite les dévouements. Le général Zucchi, nommé, le 28 juillet, commandant général de toutes les gardes nationales de la Lombardie, seconde ses efforts. Porro est chargé des approvisionnements de la ville; Beretta, de l'armée; Giulini, des transports. La commission de défense songe à opérer une diversion favorable à l'armée , en soulevant les populations; et, comme elle croit possible d'arrêter l'ennemi derrière l'Adda, on organise le départ des colonnes de volontaires pour renforcer les volontaires de Durando. Durando reçoit l'ordre de s'étendre entre Brescia et la Rocca d'Anfo, et de harceler la division Thurn qui entoure Peschiera. Le colonel Griffini se rend à Brescia avec des pouvoirs absolus. Garibaldi, à la tête de 3 à 4 000 jeunes gens résolus, se dirige vers Bergame. Cernuschi, Cattaneo, partent pour soutenir, de leur zèle infatigable, le plan du comité.

Garibaldi s'était rendu célèbre à Montevideo par des actions d'éclat dans les guerres de ces contrées. Entre-

prenant , audacieux, il avait brillé parmi les pins courageux. Il n'avait pu, sans tressaillir, entendre l'appel aux armes de l'Italie. « J'ai combattu, » disait-il dans une proclamation adressée, le 28 juillet, à la jeunesse qui s'enrôlait sous sa bannière, a pour honorer le mieux que j'ai pu le nom italien dans les pays lointains. J'accours de Montevideo avec une poignée de braves pour contribuer à la victoire de la patrie ou mourir sur la

terre italienne La guerre se complique, les périls

augmentent : aux armes , jeunes gens! L'Italie a besoin de dix, de vingt mille volontaires! Allons aux Alpes! montrons à l'Italie que nous voulons vaincre , et nous vaincrons! )) Dès son arrivée, il avait offert ses services au Piémont; à Turin, il avait été refusé. Le danger rappelait sans distinction sous les drapeaux tous les citoyens; il mettait son expérience, sa renommée, sa vie, au service de son pays. A Milan, il fut accepté.

Le départ de IMilan de ses plus intrépides défenseurs fut une faute grave dont on s'aperçut bientôt. Lorsqu'on voulut les rappeler, il n'était plus temps. Les volontaires croyaient possible la défense de l'Adda par l'armée sarde. Ils couraient au-devant du péril , et ils le fuyaient! L'Adda ne fut pas défendu, et lorsqu'il fallut combattre sous les murs de Milan , les héros des barricades s'étaient éloignés. Ils n'étaient plus là pour ranimer l'armée et lui communiquer le feu de leur jeunesse et de leur patriotisme.

La commission de défense travaille sans relâche à organiser la résistance. Elle décrète la levée en masse des citoyens âgés de dix-huit à quarante ans ; mobilise une partie de la garde nationale ; divise la ville en commandements distincts ; fortifie les murailles ; dis-

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