‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 189 sur 209 · VI · texte numérisé non relu

VI

garde les barricades ; le roi avec l'armée entoure Milan. Les efforts réunis de la garde nationale, de la population et de l'armée repousseront l'ennemi. La slratéi^ie ne [)eut l'emporter sur le patriotisme! Milan la bien prouvé! Pourquoi Milan ne le prouverait-il pas encore? Telle est l'opinion du peuple, qui voit et seconde les préparatifs de guerre avec une dévorante activité.

A Turin, à Gènes, dans tout le Piémont, l'émotion n'était pas moins profonde. Le ministère se modiliait le 28 juillet; et le nouveau conseil, dans lequel entrait Gioberti, annonçait des mesures d'urgence et de salut public : emprunt, levée en masse, demande de fusils à la France , approvisionnements des forteresses, envoi de renforts à l'année. Il cherche à couvrir les murmures par l'éclat de son patriotisme , fait taire l'opposition par l'aveu du péril, étoutfe l'agitation par ractivité qu'il déploie. Enfin il demande la dictature pour le roi à la Chambre des députés et au sénat. La Chambre cède à l'invocation du salut public, et décrète, le 29 juillet , à la majorité de quatre-vingt-treize voix contre trois, et quarante-tiQis abstentions : (( Que le gouvernement du roi est investi, pendant la guerre actuelle de l'indépendance, de tous les pouvoirs législatifs et exécutifs, et qu'il pourra dès lors , par simples décrets royaux , et sous la responsabihté ministérielle (les institutions constitutionnelles sauves), faire tous les actes nécessaires pour la défense de la patrie et de nos institutions. » Le sénat, le 2 août, donna un vote conforme. Et le Parlement fut prorogé au 1 5 septembre.

Page 1