‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 190 sur 209 · CHAPITRE TREIZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIEME

Le 27 juillet, un décret avait déclaré : « L'iiiimédiate union de la cité et de la province de Venise, votée par ses représentants, est acceptée. La cité et la province de Venise formeront avec les États sardes et les autres Etats déjà unis un seul royaume, aux conditions contenues dans la loi d'union avec la Lombardie. »

Le gouvernement ne se borna pas à cette déclaration ; il voulut la mettre à exécution, et il envoya aussitôt des commissaires prendre la direction du pouvoir à Venise.

Bien mieux : le gouvernement sarde n'avait pas encore pris possession de l'autorité à Milan ; jusqu'alors il avait laissé fonctionner le Gouvernement provisoire. Tout à coup, par une proclamation, datée de 3îilan, 2 août, il annonce à la population étonnée a que le lieutenant général Olivieri , arrivé le matin , conjointement avec les commissaires royaux, le docteur G. Trigelli et le marquis Montizemolo, et conformément à ce qui a été convenu par le protocole du I 4 Juin dernier, modifié par les Chambres piémontaises d'accord avec les envoyés du Gouvernement provisoire, ont pris possession de l'autorité, et que le Gouvernement provisoire , qui cesse ses fonctions primitives , prend le caractère d'un conseil extraordinaire, ayant voix délibéralive pour la stipulation des traités politiques et commerciaux, et pour l'exercice du pouvoir législatif». Ainsi la réunion s'est accomplie tant en face de l'ennemi qu'en face de l'Europe.

468 LA RÉVOLUTION DE I8iH EN EUROPE.

Le général Olivieri apparut le jour même an balcon (lu gouvernement, adressa au peuple quel(]ues paroles sur les fonctions confiées à ses collègues et à lui dans d'aussi graves circonstances, et annonça l'arrivée de l'armée piémontaise réorganisée, remplie d'ardeur, venant protéger et défendre la ville.

Le Gouvernement provisoire , sorti des barricades pendant les journées de mars, tombait devant le péril, au moment où il fallait refaire les barricades pour le salut public. Il subissait la loi de sa destinée. Il s'était donné ; il n'avait plus qu'à assister, la mort dans l'àme et les mains croisées , au spectacle déchirant de l'agonie de la patrie.

Quel était le but de ces prises de possession in extreinis? De savourer, une heure, dans une coupe brisée, l'ivresse d'une vaste monarchie, ou de concentrer la dictature générale, afin de relever par un coup d'héroïque désespoir les drapeaux, abaissés et la fortune de l'Italie?

Quoi qu'il en soit, la place est nette! Roi de Piémont, de Sardaigne, de Savoie, de Gênes, Charles- Albert est proclamé roi de Modène, de Plaisance et Parme, de la Lombardie, de la Vénétie. Arrivé à Milan le 3 août, son armée le suit. Une députation du Parlement est accourue pour lui présenter les derniers décrets, qui lui donnent couronnes et dictature. Les peuples ne doutent pas, en présence de tels actes, qu'il n'ait pris la résolution de combattre jusqu'au dernier soupir. A la panique des timides succède l'enthousiasme des courageux. Le soir, aux fenêtres, brillent de nombreuses illuminations. Les chants de guerre et les airs favoris retentissent dans les rues. Les drapeaux aux

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