‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 195 sur 209 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

Ce traité prit, par la suite, le nom du général piémontais qui avait eu la pénible mission de le formuler.

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Dès que les colonnes de volontaires eurent la connaissance olficielle de la reddition de Milan et du traité Salasco, elles se retirèrent successivement. Le colonel Griftini quitta Brescia avec 4 ou o 000 hommes, le \i août, remonta la vallée de l'Oglio jusqu'à Edolo, de là passa dans la vallée de TAdda, se jeta le 19 dans les Grisons, traversa la Suisse, et rentra en Piémont.

Durando, après diverses escarmouches heureuses et glorieuses, s'était rapproché de Brescia, le 12. Apprenant les événements et le départ de Griffini, il rendit, conformément au traité, la Rocca d'Anfo aux Autrichiens, revint par Adro, Bergame ; et, après une entrevue à Merata avec d'Aspre, passa le Tessin avec toutes ses forces, le 19.

Garibaldi s'était transporté, avec sa colonne, à Varese, à Gastelletto, puis à Arona. Là, s' étant emparé des bateaux, à vapeur du lac Majeur, il avait débarqué à Luino, se trouvant ainsi entre le lac Majeur et le lac de Lugano, adossé à la Suisse. Attaqué à Luino par les Autrichiens, il les avait vigoureusement battus. Deux jours après, il avait marché sur Arcisato, déployant son avant-garde sur la frontière du Mendrisiotta. Cette avant-garde, entourée par des forces supérieures, fut obligée de se replier sur la Suisse. Garibaldi, avec son corps principal, s'avança vers Sesto-Calande. Sesto- Calende et Gavirate étant occupés par les Autrichiens , il se dirigea vers Murazzone, où il arriva le 26, à une

heure après midi. Ses troupes, épuisées par les marches forcées et par la faim, avaient à peine pris un peu de repos, qu'elles furent rudement attaquées par trois bataillons, une batterie et un escadron. Surprises, mitraillées, jetées en désordi-e, elles fuyaient. Garibaldi, avec quelques volontaires seulement, se jeta intrépidement sur l'ennemi, l'arrêta par son audace, donna aux siens le temps de se reconnaître et de revenir au combat. Les Autrichiens furent repoussés après quatre heures de lutte. Garibaldi, la nuit venue, ordonna la retraite. De JMurazzone, Garibaldi et ses colonnes rentrèrent en Suisse. Les derniers ils avaient déposé les armes.

Par une coïncidence fatale, le 6 août , jour où Charles- Albert vaincu repassait le Tessin, et où Radetzki faisait son entrée triomphale à Milan, les commissaires du roi, le général Colli et M. Cibrario, prenaient, en son nom, possession de Venise. En vertu de la loi votée par le Parlement sarde le 27 juillet, et de la délibération du 4 juillet de la cité et province de Venise , présentée à Sa Majesté le 12, l'acte de fusion de Venise avec les États sardes, signé par les membres du gouvernement de Turin, fut reconnu, approuvé et signé par les membres du Gouvernement provisoire vénitien.

L'investiture eut lieu le 7 août, en présence des autorités civiles et militaires. Le drapeau tricolore, orné de la croix de Savoie et du lion de Saint-Marc, fut inauguré. Cette cérémonie fut réduite, par l'absence du peuple, à une simple formalité administrative. On ignorait encore les derniers malheurs. Mais les défaites de

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