‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 2 sur 209 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Vues {{énéiales sur lltiilio avant le 24 lévrier. — L'Espajjnc et l'Italie.

— Svmpatliic île la France, — Mouvements insnnectionnt'ls d" 1820 à 1822, et (le 1830 à 1831. — Mémorandum dn 21 mai, arccpté par Gré{;oire XVI; il .s'éteint sans application. — Conspirations; propa- {[ande armée. — Manifeste secret des patriotes romains. — Secte des Sanfédist !2 • — Presse; pétitions; correspondances; propajjande pacifique. — Etats pontificaux : Mort de Gréjjoire XVI. — Election de Pie IX. — Ses premiers actes; amnistie; améliorations administratives.— Popularité de Pie IX. — Enthousiasme; hommajjes universels.

— Les Autrichiens à Ferrare. — Protestations. — Toscane : Manifes- 'tation. — Changement de ministère. — Sardaigne : Démonstrations à Turin. — Concessions du roi Charles-Alhert. — Lombardie et Vénétie : Domination autrichienne. — Plaintes; justifications. — Milan : Répression sanglante du 5 septemhre 1847. — Victimes du 3 janvier 1848.

— Proclamations de larchiduc et de Piadetzki. — Venise : Manin, Tommaseo. — Leur influence, leiu- action. — Pétitions. — Progrès de l'opinion puljlirpie. — Manin et Tommaseo en prison.

L'Kalie et l'Espagne sont les sœurs de la France. Leurs langues belles et sonores ont la même origine, les mêmes racines que la nôtre. Nous avons le même sang, les mêmes passions; les habitudes diffèrent peu.

L'Espagne, indépendante, saura fonder une liberté durable. Aucun bras étranger ne vietit s'inlerposer

6 LA HÉVOLUTIO.N DE I8i8 EN EUROPE.

contre son courage et sa volonté. Elle n'a besoin de personne pour secouer la poussière du passé ; elle n'appelle personne à son aide. Elle a prouvé ce qu'elle peut. L'Italie , au contraire , doit lutter non-seulement contre ses propres princes, mais encore contre des forces étrangères puissamment organisées. Si elle n'avait eu à renverser que les tyrannies nationales, elle aurait bientôt su conquérir ses libertés. Si, unie avec ses princes, elle n'avait eu à combattre que les tyrannies étrangères, elle aurait bientôt su conquérir son indépendance. Mais les princes et les étrangers sont liés entre eux par les intérêts mutuels de la compression. Ils ont des traités, des pactes, des alliances, pour l'asservissement. Ils se détestent et ils s'entendent; ils se craignent et ils se soutiennent. Les Autrichiens sont partout : leurs soldats campent à Milan, à Vérone, à Venise, à Ferrare; ils touchent Modène, Parme, Bologne. Là où leurs armes ne peuvent promener en plein jour la menace et la terreur, leurs émissaires travaillent dans l'ombre. Les Suisses sont à Naples, à Rome, les stipendiés de souverains qui tomberaient sans leur appui. Pour recouvrer leur liberté et leur indépendance, les Italiens ont donc à faire un double etfort. Aussi, pour y parvenir, aucun peuple ne s'est soulevé autant de fois, n'a versé autant de sang, n'a compté autant de martyrs : sur les champs de bataille par les armes, dans les cachots par les supplices, combien de' victimes! Chaque ville peut nommer ses héros immolés pour la |)atrie! chacune de ses annates renferme des dévouements sublimes ! chaque heure de sa vie contient le sacrifice de l'un de ses enfants! Si les oppresseurs ne se lassent pas de fiapper, les opprimés ne se lassent

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