CHAPITRE QUATRIÈME
trois parties : la première, de la cité se dirige sur Fusinc, tourne par JMalghera, arrive aux portes Del Sile, se replie sur Trcporti, et se termine à Sant'- Erasmo; longue de ii milles, elle est défendue par dix-neuf forts ou ouvrages fortifiés. La deuxième est formée par la ligne des Lidi , qui s'étend de la pointe San-Nicolo, par Malamocco et Alberini, jusqu'à l'extrémité des IMurazzi de Palestrina; longue de 20 milles, elle est défendue par treize fortifications de toute sorte. La troisième comprend Chioggia et Brondolo jusqu'à la Foce del Brenta ; elle est protégée par six forts.
Ces fortifications , que les Autrichiens dans leur sécurité avaient laissées se détériorer, manquaient d'artillerie et d'approvisionnements. Il fallait les réparer et les armer rapidement pour la sûreté des lagunes et des canaux exposés aux débarquements, aux coups de main, aux ravages de la flotte ennemie qui pouvait surle-champ se recruter des bateaux à vapeur de la société commerciale du Lloyd autrichien. En peu de jours, on relève les murailles, on redresse les palissades. Des munitions, plomb, poudre, boulets, vivres, sont distribuées sur tous les points; 77 barques armées sont placées aux embouchures, aux passages; 327 bouchée à feu, habilement disposées, rendent la défense redoutable. Le gouvernement invite les marins du commerce à se vouer au service du pays; 800 ouvriers sont adjoints aux 1 iOO travailleurs ordinaires de l'arsenal. Les ofiiciers dirigent les travaux sous les ordres du contre-amiral Graziani et du ministre de la marine Paolucci. Tous s'y livrent avec ardeur. L'arsenal prend une vie nouvelle. La corvette la Civica est en état de stationner au port du Lido. Quelques jours après le
brick do guerre il Crociato met à la voile. Bientôt le brick il San-Marco, la corvette de premier rang la Lombardiaj une autre, V Independencia , sortiront de l'arsenal. On achève la goélette la Fenice, les deux bricks il Delfino, il Camaleonte. Une vieille corvette à vapeur, il Pio Nono, est réparée , ainsi que la Velocc. On avance sur les chantiers la construction d'une belle frégate , l'Italia. A l'enthousiasme des chefs et des travailleurs, à leur activité, on sent que ce n'est plus l'étranger qui les commande, mais la patrie qui les inspire.
Tout en préparant le matériel de la défense, on organise les combattants. A l'armée régulière ennemie il faut opposer une armée régulière. Un bataillon de grenadiers, un des régiments de Wimpfen, un autre bataillon réparti entre Yenise , Chioggia ctMestre, pour le service de la police, tous les trois italiens, restés par suite de la capitulation, peuvent en former les cadres. Le ministre de la guerre, Solera, essaye de leur faire entendre sa voix. Mais les oificiers, presque tous allemands, sont partis. Il ne reste qu'une troupe indisciplinée et sans chefs. En état de révolte contre le gouvernement qu'ils ont servi, mis en face de l'armée dont ils se sont séparés , ils croient qu'ils seront considérés comme déserteurs et fusillés s'ils tombent prisonniers. Ils réclament leur congé ou une transformation. Ceux qu'une telle crainte ne fait pas reculer demandent à se retirer dans leurs provinces pour y défendre leurs foyers. Le général , désespérant de les convaincre , conseille d'accorder ce qu'il lui paraît impossible de refuser. Les