CHAPITRE QUATRIÈME
coni^és sont délivrés, et on forme de nouveaux corps dans lesquels le gouvernement les invite à s'enrôler. Le 27, on décrète la création de dix bataillons de garde mobile de six compagnies de cent hommes; une paye supérieure, la faculté de nommer les officiers jusqu'au grade de chef de bataillon , décident une grande partie des soldats italiens à s'y faire inscrire. Ceux qui étaient chargés du service de la pohce se présentent pour entrer dans les compagnies de volontaires de gendarmerie mihtaire, instituées par décret du 28.
Les grenad-iers, presque tous habitants du Frioul , se transportèrent dans leurs montagnes, où leurs armes ne restèrent pas inactives. Un bien petit nombre de ces 3 000 soldats fut perdu pour la défense du pays. Cependant quelques plaintes s'étant élevées sur leur dispersion , le générai Solera se retira du ministère. Paolucci accepta le lourd fardeau de joindre au ministère de la marine celui delà guerre.
Certes, un général actif, habile, eut pu, avec ces débris et les volontaires, organiser une armée. Il eût imposé aux uns, inspiré de la confiance aux autres, fait plier les hommes et les choses à sa volonté et dominé les circonstances. Mais ce général n'existait pas. On le demanda au Piémont et aux autres États de l'Italie. En attendant, le gouvernement vénète fit ce qu'il put : il prépara les éléments.
Le 26 , le drapeau vénète est composé des trois couleurs, vert, blanc et rouge. Le 27, les corps de marins, des artilleurs , des soldats de la marine sont maintenus, avec des facilités d'avancement et des améliorations; les citoyens de 1 8 à oo ans sont appelés à faire partie de la garde civique. Le 28, le comité de défense com-
mence ses travaux. Le 29, on invoque le concours des oliiciers du temps de Napoléon et des étrangers qui veulent combattre pour l'Italie. Le 30, un appel aux armes est adressé aux Vénètes. Le 31 , on décrète la formation d'un corps d'artillerie, où les jeunes gens des premières familles courent s'inscrire. Le 3 avril, on crée, par enrôlements volontaires, un escadron de cavalerie régulière. Des lignes télégraphiques, dont le centre est la tour Saint-Marc, sont établies d'un bout du littoral à l'autre pour signaler l'approche de l'ennemi. Le 6, on autorise les communes à faire les dépenses nécessaires à l'entretien des troupes italiennes mises à la charge de la nation. On décide que les employés qui prendront les armes conserveront leur traitement et leur emploi. L'argent laissé dans les caisses de l'État sert à solder ces préparatifs et les approvisionnements. MM. Nani etZanardini sont envoyés en France pour y acheter 1 0 000 fusils.
Le gouvernement n'avait ni le temps, ni le pouvoir, ni les moyens de recourir à la conscription forcée , qui eût aliéné les campagnes à la révolution sans lui donner des soldats. Il était plus assuré du succès en s'adressant au sentiment national, à la haine des Autrichiens. Sa confiance ne fut pas déçue. Unissant à leur patriotisme la pensée d'un Dieu rédempteur, quelques citoyens enrôlèrent des citoyens dévoués comme eux , tracèrent une croix sainte sur leur bannière et sur leur poitrine, et, nouveaux croisés , marchèrent à l'ennemi.
Le 5 avril , un premier détachement déjeunes volontaires, sous le commandement d'Ernest Grondoni, se présente sur la place Saint-Marc, pour demander au cardinal patriarche sa bénédiction, et au président une