CHAPITRE QUATRIÈME
livrait, sans les dispiiler, les belles positions de Lonato, Castiglione, Solfcrino et Volta, où les Autrichiens avaient soutenu des combats si acharnés contre Bonaparte, Masséna et Brune.
Le 5, il était à Vérone. Les 6 et 7, l'armée, après quinze jours de retraile et (lualre-vingls milles de parcours, s'établissait sur le .Mincie, gardant les ponts et les passages de Goïto, de Yaleggio et de Mozambano.
» Les soldats avaient signalé les dernières marches par des actes de vandalisme auxquels la voix impuissante des olïiciers ne pouvait mettre obstacle. Incendies, sacs, pillages, massacres de personnes inofTensives, furent commis à Chievo, Croce-Bianca, San-Massimo, Santa-Lucia, Tomba et Tombetta. »
L'armée autrichienne se trouvait retranchée dans la position la plus forte. L'histoire a fait connaître cette position, clef de la Lombardie et de la Vénétie. C'est un quadrilatère, entre les montagnes du Tyrol et le Po, le Mincio et l'Adige; aux quatre angles sont quatre places : Peschiera, Mantoue, Vérone et Legnago ; vaste camp retranché qui touche au Tyrol italien et remonte au Tyrol allemand par la grande route sur la droite de l'Adige, par Roveredo, Trento et Bolzano. Le 7, Radetzki était maître de ce camp, de ces places et des passages de ces fleuves.
Le 1" avril, le lieutenant maréchal d'Aspre, à la tête de son corps d'armée venu de Padoue et des détachements isolés qu'il avait recueillis sur sa route, avait fait son entrée à Vérone, que l'archiduc Begnier avait quittée
SOUS l'escorle d'un détachement de cavalerie. Les promesses, les concessions par lesquelles le vice-roi avait endormi le patriotisme des habitants étaient retirées et l'état de siège proclamé; la citadelle, réparée et fortifiée, devenait le meilleur appui de l'armée autrichienne.
Mantoue, trois fois sur le point de livrer combat, attendant à chaque instant des secours ou un signal du dehors pour s'emparer de la citadelle, avait vu avec douleur arriver, le 23 mars, la garnison de Modène, et le 31 , 8 000 hommes que le maréchal s'était empressé d'y envoyer, pour s'assurer la conservation de cette place, sans laquelle il ne pouvait se maintenir en Italie.
Le maréchal , naguère chef orgueilleux d'une armée de 70 000 hommes, était réduit à cette extrémité qu'il devait s'estimer heureux d'avoir concentré 45 000 hommes, débris de toutes les garnisons, et de s'être mis à l'abri sous la protection de ces quatre forteresses, qui , avec la citadelle de Ferrare et les villes de la route du Tyrol occupées par quelques milliers de soldats, étaient ce qui restait à l'Autriche de toutes ses possessions italiennes. Cette puissance avait perdu en quelques jours les deux capitales ^Milan et Venise, la Lombardie presque entière, sept provinces sur huit de la Yénétie, un immense matériel de guerre et de marine, 23 000 soldats de ses meilleures troupes, tués, blessés, prisonniers, déserteurs, régiments débarqués à Trieste, bataillons italiens associés au soulèvement de leur patrie.
L'armée autrichienne, par cette concentration, par la force de sa position , pouvait encore se relever de ses désastres, si on lui laissait le temps de se remettre, de