VI. R
La délibération sur la forme que l'on donnerait à l'acceptation ou à la demande de l'intervention du roi avait été longue; et, le ^1 même, pendant la chaleur du combat, deux opinions s'étaient formulées : l'une, de lui confier les destinées de la Lombardie; l'autre, de contracter une simple alliance avec la Sardaigne, et de laisser la nation victorieuse décider de son avenir. La première était soutenue par 31M, Casati, Borromeo, Giulini, etc.; la seconde, par les membres du conseil de guerre, ]\DL Cernuschi, Cattaneo et leurs amis.
Ceux-ci représentaient les combattants et écrivaient en leur nom, à l'envoyé de Charles-Albert, une lettre où se résumaient leurs sentiments :
Il Conseil de guerre, 21 mars.
)) Monsieur le comte Martini,
)) La ville appartient aux citoyens qui l'ont affranchie. Nous ne pouvons les rappeler des barricades pour délibérer. Le tocsin sonne nuit et jour. Si le Piémont accourt généreusement, il aura la reconnaissance des hommes généreux de toutes les opinions. Le mot reconnaissance est le seul qui puisse faire taire le nom de République et nous rallier tous dans un seul et unique vœu.
» Je vous salue. Charles Cattaneo. »
Le même jour, ils adressaient, par leur poste aérienne, ce message à l'Italie entière :
(( La ville de Milan, pour achever sa victoire et chasser pour toujours au delà des Alpes rennemi commun de r Italie, réclame des secours de tous les peuples et de tous les princes italiens, et spécialement ceux du Piémont, son belliqueux voisin. «