‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 42 sur 209 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

leur patrie ? Inaugurons cette ère nouvelle par le respect du droit, des opinions de chacun, par le respect des nobles illusions de cette belliqueuse et généreuse jeunesse, au moins pendant tout le temps qu'elle est à se battre pour vous. Si, hier, il était inopportun de proclamer la République, ne l'est-il pas aujourd'hui de proclamer la monarchie? Quand nous en aurons fini avec l'ennemi, la nation décidera. Mais allez-vous, tout d'abord, vous livrer sans conditions? Rien ne serait plus imprudent. Comment vous fier à un prince qui déjà une fois a oublié sa parole , et qui , dans ce moment même, vous laisse sous la mitraille, si vous ne vous donnez pas à lui? Est-ce un marché qu'il veut ou un traité:^ Qu'il a,ffranchisse premièrement l'Italie, et qu'il attende ensuite d'un peuple libre la couronne, non comme un salaire , mais comme un tribut de reconnaissance. Alors nous étoufferons nos convictions, nous saurons sacrifier, à l'union, au bonheur et au salut de notre pays, nos vœux, qui sont, vous le savez, l'indépendance et une Répubhque fédérée avec la Vénétie et les autres États de l'Italie.

Les membres du gouvernement provisoire, émus par la vigueur et la logique de cette argumentation, convaincus d'ailleurs qu'une nécessité inévitable les conduirait au but qu'ils désiraient, qu'ils préparaient, respectèrent des sentiments qui n'étaient pas en harmonie complète avec les leurs, et se mirent à l'œuvre de délivrance. Ils adressèrent, le 25 mars, aux Italiens de toutes les contrées, aux Suisses, aux Polonais, rêvant comme eux une patrie affranchie, un sublime appel aux armes !

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