‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 44 sur 209 · CHAPITRE CINQUIE.ME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIE.ME

journaux, par desafliche^, des proclamations, oxallaionl les dévouements. Ceux-ci offraient leurs ])ras, leur sang pour la Lombardie , formaient des colonnes de volontaires. Ceux-là organisaient des comités de secours, des souscriptions, ot payaient de leurs fortunes. On comptait parmi les initiateurs les plus empressés : >IM. Nino Bixio, l'avocat Daneri, Georgio Doria, à Gênes; C. Francioni, à Mortara; Lazzarini, à Alexandrie; Sineo, Brofferio, Torres, à Turin; et une foule de citoyens, liste trop longue à dresser. On avait vu des détachements composés de jeunes gens de toutes conditions s'élancer de ces villes, et de Vercelli, Vigevano, Chivasso, Casale, Novi, etc., vers la frontière, à pied, en charrette, à cheval, en voiture, en poste, armés, déterminés. L'élan avait été spontané, l'enthousiasme universel. Le mouvement de l'opinion publique s'était développé si rapidement, avec tant de fermeté et de résolution , que le gouvernement n'avait pu ni le contenir ni le modérer.

Le -19, les ministres récemment nommés s'étaient réunis en conseil autour du loi. En se rendant au palais, ils avaient pu voir naître l'agitation. Des aiîiches convoquaient la population au jardin public; et l'on prévoyait que les réclamations en faveur des Milanais seraient imposantes. Il eût été impossible de ne pas donner une apparence de satisfaction aux sentiments de la nation. Il fut résolu et annoncé que trois camps d'observation seraient, aussitôt, formés à Chivasso, Novi et (Nasale. Et des ordres conformes furent en effet donnés aussitôt.

Les ministres se plaignaient de leurs prédécesseurs, qui avaient laissé le Piémont dégarni de tout appareil de guerre, et avaient dispersé l'armée sur les confins de l'État, plus près de la France que de l'Autriche. Enfin ils publièrent leur programme, qui promettait : l'application la plus large du gouvernement parlementaire, une loi sur la presse avec abolition définitive de la censure, une prochaine convocation des chambres.

Mais l'opinion publique ne se laissa ni apaiser ni détourner par ces concessions. Établir des cauips d'observation parut à des citoyens qui criaient : Aux aunes! froideur et indiff'érence. De toutes parts surgirent les plaintes, les réclamations, lessuppHcations, les menaces! Les partisans de Charles-Albert, qui rêvaient pour lui un royaume de l'Italie du Nord, n'étaient pas les moins ardents.

Bianchi-Giovini insérait dans le Messager, journal avancé dont Brotîerio était le principal rédacteur, un résumé de la situation, où il stimulait les ministres et le roi lui-même avec verve et éloquence. « Le sang des Milanais et l'extermination de la plus splendide cité sont des crimes contre lesquels crie la vengeance de Dieu, qui tôt ou tard frappera la tête des traîtres!... Dans l'impatience où nous sommes, la conduite des ministres nous paraît lente!... Ici, nous comptons les jours; à Milan, on compte les heures, les minutes! La couronne de fer est à Monza, et non dans le couvent des jésuites, ni dans les bonnes grâces de Metternich. L'archevêque qui couronne le roi d'Italie est au delà

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