CHAPITRE CINQUIÈME
en état de se piiftiie à ellc-nicnie. {Pose Vltaliaiu. grado di [are il a se. )
» Et, pour exprimer en signes éclatants et visibles le sentiment de l'union italienne , nous voulons que nos troupes, en entrant sur le territoire delà Lombardic et de la Vénétie, poitent l'écu de Savoie sur la bannière tricolore italienne. »
Ce fut alors que Charles- Albert prononça, pour la première foio , cette parole qui eut un si iirand retentissement : Lllalia farà da se. Elle contenait toute une politique nettement formulée : le refus de l'intervention de la France dans la guerre de l'Italie contre l'Autriche. Dans la pensée du roi, il y avait bien et la crainte de l'influence qu'une armée française républicaine pourrait exercer, par sa présence, sur les destinées de la Péninsule , et le désir de rassurer l'Angleterre et d'obtenir par là sa neutralité ; mais il y avait aussi un sentiment d'orgueil légitime et de nationalité.
Ne devoir qu'à soi-même, à ses propres efforts, à son dévouement, à ses sacrifices, à ses armes, à son sang, à sa race, l'expulsion de l'étranger! ne devoir qu'à la patrie la résurrection de la patrie libre et glorieuse! Ambition juste et grande, (]ui devait enflammer les imaginations, électriser les âmes, et conquérir au roi les sympathies et les adhésions de l'Italie. Les républicains eux-mêmes, qui n'avaient pas les mêmes raisons de se "métier de la France, se sentaient flattés de cette idée (ju'ils ne devraient qu'à leur courage et à leur génie la conquête de leur indépendance, comme
ils avaient été seuls à la conquête de leurs libertés. Quelques-uns toutefois, plus prévoyants ou plus hommes d'État, eussent préféré contracter une dette envers une république qu'envers un monarque, ^'ous retrouverons à chaque pas- ces sentiments di\ers.
L'effroi inspiré à Charles-Albert par le nom, par l'apparence dune république, M. dePareto, ministre libéral pourtant , se chargea de l'exprimer , le 23 même, à l'ambassadeur anglais. Il y puisait la justification de l'entrée de l'armée piémontaise en Lombardie.
« Le premier devoir et le droit imprescriptible
d'un Etat est sans doute d'assurer la conservation de sa
propre existence Le gouvernement a sans doute le
droit de prendre toutes les précautions nécessaires pour se garantir des catastrophes qui bouleversent l'État et
le conduisent parfois à deux doigts de sa perte La
sympathie qu'excite la défense de Milan, l'esprit de nationalité qui, malgré les délimitations artificielles des différents États, se fait néanmoins très-puissamment sentir, tout concourt à entretenir dans les provinces et dans la capitale une agitation telle qu'il est à craindre que, d'un moment à l'autre, il en puisse résulter une révolution qui mettrait le trône en grave péril, car on ne peut se dissimuler qu'après les événements de France, le danger de la proclamation d'une république
en Lombardie ne puisse être prochain Il est naturel
de penser que la situation du Piémont est telle que, d'un moment à l'autre, à l'annonce que la république a été proclamée en Lombardie , un mouvement sem-