‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 50 sur 209 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

membres du comité, exprimant l'impatience de la population, lui répliquent : « Il faut les prendre dans les wagons du chemin de fer! » Le 27, il part pour Treviglio. Charles-Albert, le 28, est à Alexandrie, où il nomme lieutenant général en son absence le prince Eugène de Savoie -Carignan. Le 29, il est à Voghese, où il annonce à ses peuples qu'il a pris le commandement de l'armée :

« Mes devoirs de roi, les obligations qui m'attachent aux intérêts sacrés de l'Italie, m'ont fait partir avec mes fils pour les plaines lombardes, où doivent se décider les destinées de la patrie italienne ! L'armée nous

suit » Il termine par ces paroles, empreintes de ses

secrètes pensées et de ses préoccupations du côté de la

France : « Aux milices communales du royaume,

à l'atfection du peuple nous abandonnons, avec confiance, la garde de notre famille et le maintien de l'ordre , premier fondement de toute liberté. Fidèles Savoyards! valeureux Liguriens! à votre fidélité , à votre honneur, nous confions la défense de nos frontières. Pendant l'absence de vos frères de l'armée , vous serez les dignes gardiens des institutions libres et de l'intégrité de la patrie. »

Ce jour-là, Charles-All)ert passe le ïessin et entre à Pavie à la tête de trois divisions : la première, de douze bataillons, six escadrons, deux batteries, sous le commandement du général d'Arvillars; la deuxième, de neuf bataillons, six escadrons, une batterie, sous le commandement du général Broglia; la troisième, de douze bataillons, six escadrons, une batterie. L'armée piémontaise formait, avec l'avant-garde sous les ordres de Bès, un eiïectif de 28 à 29 000 hommes, dont en-

viron 2 000 cavaliers, et quarante-huit bouches à feu. Le roi quitte Pavie Je 30 , et transporte son ({uarlier général à Lodi, au moment même où Radetzki venait de s'établir sur la Chiese à Montechiari,

Le 31 mars, Charles-Albert voulut répondre aux deux reproches qui lui étaient adressés de n'avoir d'abord agi que lentement, et de n'avoir cédé ensuite qu'à l'appât d'une couronne. Dans une proclamation énergique, il dit à son armée : « Soldats! nous avons passé le Tessin , et nos pieds foulent enfin la terre sacrée de la Lombardie. Vous méritez que je proclame la facilité avec laquelle, sans tenir compte des fatigues d'une marche forcée , vous avez fait cent dix milles en soixante-douze heures !

» Beaucoup d'entre vous, accouriis des extrêmes frontières de l'État, ont à peine pu rejoindre leur drapeau à Pavie; mais ce n'est pas encore le moment de songer au repos; nous le goûterons après la victoire »

Aux Italiens de la Lombardie, de la Vénétie, de

Plaisance et de Reggio, il disait : a Appelé je viens

à vous à la tête de mon armée, suivant en ceci l'impulsion de mon cœur. Je viens sans condilions et uniquement pour terminer la grande entreprise si heureusement commencée par votre valeur »

A Lodi , il reçut du gouvernement provisoire de Milan une députation qui lui présenta une adresse où l'on remarquait ces passages : (( Sire! le gouvernement provisoire de Milan vous envoie son hommage et celui

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