‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 53 sur 209 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

Toscane : le {;iaiitl-(liic , jiiciiiier prince (jni .s'<.'.st déclaré jjour la {jnerre italienne; départ des vulmitaiies; le {;ouvernement entrave leur élan; camp d'oltscrvation ; Monlanelli dans ie'fyrol; ambition de Léopold. — Modène : Gouvernement provisoire. — Panne : Empressement, mal interprété, du duc pour l'affranchissement de l'Italie; le duc se retire; un {jouvernement provisoire le remplace. — Etats pontificaux: Joie causée à Rome par la délivrance de Milan et de Venise; sympatliies générales; souscriptions publiques, approuvées par le pape et ])ar les cardinaux; ])réparatifs militaires; départ des volontaires et de l'ai-mée pour Bologne; Durando {jéiiéral; tentatives sur Ferrare; elles échouent; l'ie IX adlière au mouvement de l'Italie, et bénit les volontaires; il défend les jésuites; départ de Rome des jésuites; proclamation très-vive du général Durando; désaveu du pape; Pie IX chef de la chrétienté et prince italien; situation double; ses pei'plexités. — Royaume des Deux-Siciles : La nation et le roi; méfiances mutuelles; nouveau cabinet; démonstrations pour la Loinbardo-Vénétie; le général Pepe arrive à IVaples; conférence avec le roi; avènement du ministère Troja ; proclamation du roi en faveur de la cause italienne; départ des volontaires et du 10" régiment de ligne; Pepe, général en chef de l'armée d'expédition; son plan , présenté au roi pour contrebalancer l'intluence de Charles-Albert et recouvrer la Sicile; séparation détinitive de la Sicile; déchéance de Ferdinand et de sa dvnastie par le parlement; protestation du roi. — Les peuples et les princes.

En Toscane, les populations se levèient spoiilanément, le 21 mars, en apprenant la révolution de A'ienne et la lutte de Milan. I.e gouvernement y fut moins long que celui de Turin à se prononcer. Cet élan spontané de tout un peuple à courir au secouis d'un peuple frère ollVit un grand, spectacle.

Les chefs du mouvement, n'ayant pas à se préoccu- [)er de la direction du pouvoir, ne se bornèrent pas à crier aux armes, ils les prirent. Volant les piemiers vers

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ii6 LA RÉVOLUTION DE 1848 EN EUROPE.

la terre où l'on mourait pour l'Italie, ils donnèrent l'exemple! Montanelli, capitaine an. bataillon des étudiants , se fit soldat volontaire. Par excès d'abnégation, il voulut se confondre dans les rangs de ses compagnons d'armes, ne se réservant que de marcher en tête contre l'ennemi. Dans les rues, sur les places publiques, retentissaient sans cesse ces mots : « En Lombardie 1 en Lombardie ! Dehors les barbares ! »

A Florence, quelques démocrates, avant de s'éloigner, se précipitèrent sur la grande place, devant le Vieux Palais, pour réclamer la retraite d'un ministère qu'ils ne trouvaient pas assez résolu. IMais le ministère, par une détermination prompte et des paroles habiles, étouffa les clameurs : « Ce serait un grand malheur qui mériterait un grand blâme, » s'écria M. Ridolphi, s'adressant à la foule , de la Loge dei Lanzi où il était descendu avec ses collègues, « que de nous livrer à des luttes intestines lorsque la lutte nationale est commencée. »

Le grand-duc de Toscane fut le premier prince italien qui se déclara pour la guerre italienne. Soit que, par une heureuse initiative, il voulût empêcher l'explosion de l'opinion publique , soit qu'il fût entraîné par sa conviction, le 21 même, il publiait cet appel : « Toscans, l'heure de la résurrection complète de l'Italie vient de sonner subitement. Quiconque aime notre patrie ne peut lui refuser le secours qu'elle réclame. Je vous ai promis de seconder autant que possible l'élan de vos

cœurs à l'occasion. Me voici prêt à tenir ma promesse

Dans cet élan de vos cœurs pour la sainte cause de

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